Pont-Sondé brûle : le peuple abandonné, et les institutions sourdes

Le peuple de Pont-Sondé n’a plus le luxe d’attendre. Chaque citoyen, journaliste et organisation crédible doit exiger des secours immédiats et des mesures de protection concrètes.

Actualité

Publié le 04-Décembre-2025

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Trois jours après l’attaque du groupe armé Gran Grif, les habitants de Pont-Sondé vivent dans l’angoisse et l’incertitude. Déplacés, affamés, épuisés, ils sont laissés sans aide ni protection, tandis que le CPT, la BINUH et les organismes de droits humains restent silencieux. Ce n’est pas seulement une crise sécuritaire : c’est une crise humaine.


C’était prévisible, et pourtant personne n’est venu. Les alertes lancées sur Pont Sondé Saint-Marc particulièrement et d’autres villes de l’Artibonite ont été ignorées. Trois jours après l’attaque, des milliers d’habitants dorment dans les rues ou sur la place publique, les yeux fatigués et le cœur brisé. Le CPT, la BINUH et les ONG produisent leurs rapports, mais aucune main n’est tendue aux victimes.

« J’ai juste eu le temps de prendre mon bébé », raconte une commerçante. « Nous avons tout perdu… notre maison, nos biens, nos souvenirs. Nous dormons dehors, et personne ne vient nous voir. »

Jean-Rony, agriculteur de 62 ans, ajoute : « Mon champ, mon travail, tout a disparu. Et ces institutions ? Elles regardent, comme si nous n’existions pas. »

Marisee, mère de quatre enfants, décrit les longues marches nocturnes pour fuir la peur : « Mes enfants ont faim, nous n’avons ni eau ni abri, et personne ne s’inquiète pour nous. »

Lucien, un jeune habitant, témoigne : « Ils ont détruit tout ce que nous possédions. Les ONG et le CPT parlent beaucoup dans leurs bureaux, mais nous, nous sommes laissés dehors, seuls avec notre peur. »
Une autre résidente, militante politique exprime sa colère et son désespoir :
« Nous avons perdu tout ce qui nous appartenait. Et ces soi-disant défenseurs des droits humains ? Invisibles. Ils ne sont jamais là pour nous. Mais dès qu’il s’agit des bandits, ils produisent des rapports détaillés, connaissent tout sur eux, jusqu’à leurs ancêtres, et soudain se sentent concernés. Pendant ce temps, nos maisons sont détruites et nos moyens de survie anéantis. BINUH, RNDDH restent silencieux parce que nous ne sommes pas des bandits aujourd’hui.

Il est temps que les organismes de droits humains jettent leurs masques. Ils défendent ceux qui ont le pouvoir et les financements, pas nous. Nous, les innocents, nous sommes laissés à l’abandon. Vous ne faites que rédiger des rapports pour votre patron, et laissez le peuple souffrir. »

Les déplacés réclament une intervention humanitaire immédiate et un plan de sécurité concret. L’Artibonite s’impose de plus en plus comme un nouvel épicentre de la crise nationale, et chaque jour de silence des autorités pèse lourd sur la population.

BINUH, CPT, ONG : votre silence n’est pas de l’ignorance. C’est de la complicité. Pont-Sondé n’est pas un fait divers. Ce sont des vies humaines brisées. Vos rapports ne remplacent pas l’action, et chaque minute de votre inertie est une trahison envers ceux que vous êtes censés protéger.


Le peuple de Pont-Sondé n’a plus le luxe d’attendre. Chaque citoyen, journaliste et organisation crédible doit exiger des secours immédiats et des mesures de protection concrètes. Les habitants ont besoin de nourriture, d’abris, de sécurité et de justice. Que le CPT, la BINUH et les ONG comprennent enfin : le silence et l’inaction sont des crimes, et le peuple ne les tolérera plus.

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Maxime Daniel ETIENNE

Journaliste

maximedanieletienne@gmail.com

+509 4133-8168


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