Turgeau : une balle perdue transforme l’école en nouveau terrain d’insécurité
Dans la cour, le choc est visible. Les élèves restent silencieux, beaucoup ne comprennent pas ce qui vient de se passer. Les enseignants tentent de rassurer, mais eux-mêmes tremblent encore.
Publié le 08-Décembre-2025
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Le rire des élèves a été interrompu par un bruit sec. À Turgeau, une jeune écolière a été blessée par une balle perdue en pleine récréation. Une scène devenue tristement banale dans une capitale où la peur s’installe même derrière les murs des écoles.
Un jeudi matin ordinaire qui bascule
Il est un peu plus de 10 heures lorsque la cour du Collège Évangélique Legrand résonne des rires habituels de la récréation. Les élèves jouent, discutent, courent. Puis, soudain, un bruit sec, un mouvement de panique. Un projectile, venu d’une zone encore indéterminée, termine sa course dans l’enceinte de l’établissement situé non loin du supermarché Délimart, à Turgeau.
La balle effleure la tête d'une élève et en frôle une autre de très près, racontent les témoins. La direction réagit immédiatement : la jeune fille blessée est transportée d’urgence à l’hôpital. Selon plusieurs médias locaux, son état est stable et son pronostic vital n’est pas engagé.
Dans la cour, le choc est visible. Les élèves restent silencieux, beaucoup ne comprennent pas ce qui vient de se passer. Les enseignants tentent de rassurer, mais eux-mêmes tremblent encore.
Parents, enseignants, habitants : entre peur et colère
Devant la grille de l’école, des parents attendent, inquiets, certains en larmes, d’autres en colère.
« On envoie nos enfants à l’école pour apprendre, pas pour risquer leur vie. Chaque jour, on a peur. » – Parent d’élève
« Une école devrait être un sanctuaire. Aujourd’hui, même ici on n’est plus à l’abri. C’est révoltant. » – Enseignant du Collège
Dans le quartier, un riverain témoigne : « Tout le monde s’est mis à courir. On ne sait jamais d’où ça vient… On vit dans une insécurité qui n’épargne personne, même pas les enfants. »
La communauté éducative secouée
Au sein de l’établissement, la direction tente de rassurer parents et élèves. Des mesures temporaires de protection ont été mises en place, mais l’inquiétude demeure. « On veut faire classe, mais comment travailler sereinement quand on sait qu’un incident pareil peut se reproduire ? » – Enseignant
Analyse d’une psychologue : "Ces événements laissent une vraie trace chez les enfants"
La psychologue Katiana Sully Jean-Louis, spécialisée en santé mentale, alerte sur les répercussions psychologiques : « Même lorsqu’ils ne sont pas gravement blessés, les enfants exposés à ce type d’événement peuvent développer un sentiment d’insécurité durable, des cauchemars ou de l’anxiété. Ce qui s’est passé à Turgeau n’est pas anodin. Il faut leur offrir un espace pour exprimer leurs émotions et leurs craintes. »
Selon elle, un accompagnement psychologique devrait être mis en place rapidement pour les élèves, les enseignants et les parents.
Un appel pressant à sécuriser les zones scolaires
Parents et enseignants réclament des mesures immédiates :
Renforcement de la présence policière autour des établissements,
Installation de barrières protectrices plus solides,
Corridors sécurisés pour les entrées et sorties,
Campagnes de sensibilisation,
Lutte plus intensive contre la circulation des armes.
Une réalité dure : aller à l’école devient un acte de courage
Dans une capitale où les tirs sporadiques et violences urbaines se multiplient, l’école, jadis sanctuaire d’apprentissage, devient un espace vulnérable. Les familles veulent simplement que leurs enfants puissent apprendre, jouer et grandir sans craindre le pire.
Maxime Daniel ETIENNE
Journaliste
maximedanieletienne@gmail.com
+509 4133-8168
