« APN et routes verrouillées : le peuple paierait, les profits exploseraient »
Parce que pendant que les routes seraient impraticables, les prix eux, se porteraient très bien. Et qui paierait la facture finale ?
Publié le 10-Décembre-2025
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Si un seul bateau devait débarquer 62 camions d’APN à Petit-Goâve, chaque unité à 1 500 USD (~195 900 HTG), la traversée rapporterait 93 000 USD (~12 139 800 HTG). Aux Gonaïves, le tarif grimperait à 2 400 USD (~313 440 HTG) : un total de 148 800 USD (~19 429 680 HTG).
Des chiffres qui, en d’autres circonstances, feraient déjà scandale.
Mais dans un pays où Martissant, Arcahaie, Mirbalais sont des zones de terreur permanente, où attaques, enlèvements et barrages armés régneraient, ces montants prennent une autre dimension : ils deviennent une gifle nationale.
Parce que pendant que les routes seraient impraticables, les prix eux, se porteraient très bien. Et qui paierait la facture finale ? Toujours le même : le consommateur haïtien. Pris en otage par l’insécurité, étranglé par les tarifs, piégé par un marché où tout semble organisé pour le faire payer.
Il faudrait oser poser la question que l’État évite :
À qui profiterait vraiment le blocage des routes ? Aux gangs ? Aux politiciens ? Aux transporteurs privés, qui verraient leurs marges grimper à mesure que le pays s’enfoncerait ?
Parce qu’on sait une chose : quand les routes se ferment, certains portefeuilles s’ouvrent.
Et pendant ce temps…
Où serait le Premier ministre Alix Didier-Aimé ? Que feraient les membres du CPT ? Où serait le ministre de la Sécurité, pourtant membre du CSPN ? Que ferait la Force de suppression des gangs, censée libérer les axes mais incapable de libérer même un tronçon ?
Le pays suffoquerait.
L’économie s’étoufferait. Et l’État… regarderait. Immobile. Silencieux. Spectateur d’un flux de millions de gourdes qui traverserait nos ports sans contrôle, sans transparence, sans honte.
Quand un commerce pourrait générer autant d’argent dans un contexte d’insécurité totale, la question deviendrait inévitable : Le chaos serait-il devenu un modèle économique ? Premier ministre Alix Didier-Aimé. Membres du CPT. Membres du CSPN. Responsables de la sécurité nationale.
Le pays attend un geste, un acte, une décision.
Pas demain. Aujourd’hui. Parce que tant que les routes resteront verrouillées et l’insécurité rentable, le peuple paiera et d’autres s’enrichiront.
Il est temps de mettre fin à cette mascarade. Le pays n’a plus de marge.Vous non plus.
Maxime Daniel ETIENNE
Journaliste
maximedanieletienne@gmail.com
+509 4133-8168
