Stéphora et la haine d’État en République Dominicaine

Comment les politiques xénophobes de Luis Abinader ont transformé la République dominicaine en État hostile aux enfants haïtiens

Éditorial

Publié le 11-Décembre-2025

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La République dominicaine se présente comme un modèle caribéen de stabilité et de modernité. Mais derrière cette façade se cache un État systématiquement discriminatoire, où la xénophobie institutionnelle et la négligence mettent en danger la vie des Haïtiens et de leurs enfants. La mort tragique de Stéphora Anne‑Mircie Joseph, fillette haïtienne de 11 ans, en novembre 2025, illustre à elle seule cette réalité crue.


Politique migratoire : xénophobie d’État
Depuis l’arrivée au pouvoir de Luis Abinader, la République dominicaine a institutionnalisé des mesures discriminatoires :
Expulsions massives : plus de 208 000 Haïtiens expulsés en 2023, dont des milliers d’enfants et d’adolescents.
Plan d’octobre 2024 : 10 000 expulsions hebdomadaires, incluant des familles entières et des femmes enceintes.
Profilage racial systématique : arrestations arbitraires, harcèlement dans les écoles et les quartiers, contrôles basés sur l’apparence.
Privation d’éducation et services : enfants haïtiens exclus des établissements scolaires, intimidation permanente.
Ces mesures constituent une politique d’État, validée par le président et tolérée par la justice dominicaine.
(Amnesty International, 2024)

Stéphora Anne‑Mircie Joseph : tragédie révélatrice
Le 14 novembre 2025, Stéphora meurt lors d’une sortie scolaire à la villa Hacienda Los Caballos, à Santiago de los Caballeros. Sortie interdite par un arrêté ministériel de 2009.
Aucune surveillance : pas de sauveteurs, pas de matériel de secours. Accès aux preuves bloqué pendant plusieurs heures. Rapport préliminaire : “asphyxie mécanique par noyade / insuffisance respiratoire”. (Listín Diario, 2025)
30 % des élèves haïtiens déclarent subir harcèlement ou discrimination raciale dans les écoles dominicaines (UNICEF, 2024). Stéphora n’était pas isolée : son harcèlement reflète une culture de haine institutionnelle, tolérée par l’État.


Faits accablants
208 166 expulsions de Haïtiens en 2023 (OIM, Amnesty).
30 % d’élèves haïtiens victimes de discrimination scolaire (UNICEF, 2024).
Violences policières et harcèlement documentés autour des écoles et des quartiers haïtiens.
Expulsions et violations des droits humains malgré conventions internationales.


Ces chiffres montrent un État qui nie la gravité des discriminations, tout en légitimant des politiques qui mettent en danger la vie des enfants et des familles.


Analyse : responsabilité de l’État et du président
La tragédie de Stéphora n’est pas un accident isolé : elle est le symptôme d’une xénophobie institutionnelle normalisée depuis le sommet de l’exécutif. Le président Luis Abinader légitime un climat de discrimination par discours et politiques publiques. Les camarades de Stéphora ont pu reproduire cette haine institutionnalisée, transformant l’indifférence en tragédie mortelle.

L’inaction de l’État face aux violations des droits humains constitue une complicité indirecte, transformant des tragédies individuelles en phénomène systémique.

Conclusion : La République dominicaine et son président portent une responsabilité institutionnelle directe dans la reproduction de violences et discriminations systémiques. Tant que ces politiques perdureront, la façade de stabilité sera une illusion meurtrière, au prix de vies humaines.


Appels à l’action
1. Transparence totale : diffusion de toutes les preuves liées au décès de Stéphora.
2. Justice rapide et indépendante : poursuites contre les responsables de la villa, de l’école et de la surveillance.
3. Réforme des politiques migratoires : fin des expulsions massives et protection des enfants haïtiens.
4. Pression internationale : garantir la protection des droits humains et la responsabilité de l’État dominicain.


Sources
1. UNICEF République Dominicaine, “Enquête sur le harcèlement scolaire et discrimination raciale” (2024)
2. Amnesty International Belgique, “Expulsions et droits humains des Haïtiens en RD” (2024) amnesty.be
3. Listín Diario, reportage sur la mort de Stéphora (2025) listindiario.com
4. Hoy, déclarations présidentielles sur racisme et enquête Stéphora (2025) hoy.com.do
5. Dominican Today, vidéos et analyses sur le drame de Stéphora (2025) dominicantoday.com
6. OIM, rapports sur les expulsions en RD (2023)
7. Human Rights Watch, rapports sur discriminations et violences contre les Haïtiens en RD (2024–2025)
8. Haitian Times, analyses sur xénophobie institutionnelle (2024)

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Maxime Daniel ETIENNE

Journaliste

maximedanieletienne@gmail.com

+509 4133-8168


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