Louis Gérald Gilles : la sélection comme méthode, la démocratie comme mensonge

En Haïti, version Gilles : il vise la présidence. Ce n’est plus de l’arrogance. C’est une insulte nationale.

Actualité

Publié le 14-Décembre-2025

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Cette fois, il n’y a plus d’ambiguïté, plus de faux-semblants, plus de langage diplomatique.
Louis Gérald Gilles a parlé. Et ce qu’il dit au pays est d’une brutalité politique rare : il n’y aura pas d’élection réelle, il y aura une sélection.

Selon une information publiée par Leplacentin.com et relayée par RTV Haïti, média de référence, Louis Gérald Gilles annonce sa candidature à la présidence de la République tout en relançant son parti NOULHA. Un détail ? Non. Un scandale d’État ? Absolument.


Un membre du CPT qui crache sur les accords
Louis Gérald Gilles est membre du Conseil Présidentiel de Transition. Un organe né d’accords politiques qui interdisent explicitement à ses membres d’être candidats aux prochaines élections. Ces accords n’étaient pas décoratifs. Ils n’étaient pas symboliques. Ils étaient censés être la ligne rouge morale et politique de la transition.
En annonçant sa candidature sans démissionner, Gilles ne contourne pas les règles : il les piétine, les humilie et les enterre publiquement. C’est un message clair envoyé au pays : Les accords sont pour les naïfs. Le pouvoir est pour ceux qui osent.


Un habitué de la fraude électorale devenu donneur de leçons
Soyons clairs : Louis Gérald Gilles n’a jamais été un produit sain de la démocratie haïtienne. Son passé sénatorial est lié aux élections frauduleuses et contestées de l’an 2000, un scrutin qui a marqué l’histoire comme l’un des plus truqués et décrédibilisés du pays.


Déjà à l’époque, la volonté populaire avait été confisquée, maquillée, triturée au profit d’arrangements politiques. Gilles n’a pas gagné par le peuple, il a émergé par le système.

Aujourd’hui, il ne fait que rester fidèle à sa méthode :
hier : élections truquées
aujourd’hui : sélection assumée
demain : présidence sans légitimité


Corruption en toile de fond, ambition en plein jour
Ce qui rend cette annonce encore plus obscène, c’est son contexte. Louis Gérald Gilles est cité dans un dossier de corruption majeur, documenté par un rapport de l’ULCC, lié à des accusations de tentative de pot-de-vin autour de la BNC.

Dans un pays normal, un responsable éclaboussé par une telle affaire :
se mettrait en retrait, répondrait à la justice, respecterait un minimum de décence politique.


En Haïti, version Gilles : il vise la présidence. Ce n’est plus de l’arrogance. C’est une insulte nationale.


NOULHA : le recyclage politique comme projet
La relance du parti NOULHA, annoncée en même temps que la candidature, ressemble moins à un projet de société qu’à une opération de blanchiment politique. Pas de bilan. Pas de mea culpa. Pas de rupture avec les pratiques qui ont mis le pays à genoux. Seulement une mécanique connue : créer un parti -capter des alliances → forcer la sélection → imposer un président.


La démocratie assassinée à visage découvert
Avec cette annonce, Louis Gérald Gilles retire le dernier masque de la transition. Il confirme ce que beaucoup craignaient : la transition ne prépare pas une élection, elle prépare un passage de pouvoir entre initiés.

Le peuple haïtien n’est pas consulté. Il est contourné.
Quand un membre du CPT, accusé de corruption, issu d’élections frauduleuses, annonce sa candidature sans démissionner, ce n’est plus une dérive : c’est un projet politique clair. Un projet où : le vote est inutile, la loi est flexible, et la présidence devient une récompense de réseau.

Ce jour-là, la démocratie haïtienne n’a pas seulement été trahie. Elle a été officiellement déclarée hors service.

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Maxime Daniel ETIENNE

Journaliste

maximedanieletienne@gmail.com

+509 4133-8168


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