Quand une enfant s’éteint, et qu’un pays refuse de voir la nuit

Entre la frontière et le silence, il y a Luis Abinader. Entre la peur et la misère, il y a sa politique. Entre la vie et la mort, il y a les Haïtiens qu’il réduit à des chiffres, des “menaces” et des slogans. La mort de Stephora Anne-Mircie Joseph, 11 ans, révèle le cœur froid d’un État qui refuse de voir ce qui dérange. Et le président choisit le déni comme bouclier, le mépris comme arme.

Actualité

Publié le 15-Décembre-2025

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Entre la frontière et le silence, il y a Luis Abinader. Entre la peur et la misère, il y a sa politique.Entre la vie et la mort, il y a les Haïtiens qu’il réduit à des chiffres, des “menaces” et des slogans. La mort de Stephora Anne-Mircie Joseph, 11 ans, révèle le cœur froid d’un État qui refuse de voir ce qui dérange. Et le président choisit le déni comme bouclier, le mépris comme arme.


Le président aux frontières du mépris
Il y a des dirigeants qui gouvernent avec vision. D’autres avec pragmatisme. Abinader gouverne avec mépris. Mépris des Haïtiens qu’il transforme en danger. Mépris des Dominicains qu’il abreuve de peur comme d’une drogue. Mépris des institutions qu’il manipule pour faire briller son image au lieu de protéger la vie. « La République dominicaine n’est pas raciste, c’est une nation où plus de 85 % de la population est métisse », répète-t-il. Une phrase qui sonne comme un rire au visage des milliers de vies bafouées, et des enfants haïtiens dont la seule couleur de peau les condamne au silence, à la marginalisation, parfois à la mort.


Le déni face aux faits
Si la RD n’était pas raciste, pourquoi :
des enfants dominico-haïtiens ont été dénationalisés en 2013 ?
la police arrête-t-elle des citoyens dominicains noirs sous prétexte d’“apparence étrangère” ?
des femmes enceintes haïtiennes se voient refuser l’accès aux hôpitaux ?
des expulsions massives ciblent systématiquement les plus foncés ?
des barrières invisibles persistent dans l’école, la justice, la police et l’administration ?
Nier le racisme, c’est l’autoriser à prospérer.
Et dans ce contexte, la mort de Stephora devient un symbole que le président refuse de regarder.


Stephora n’était pas un dossier : c’était une vie
Une petite fille qui aurait dû rentrer chez elle. Une chaise d’écolier vide dans une salle de classe aurait suffi à raconter son absence, son futur brisé, le vide laissé par une société qui détourne le regard. Mais Abinader détourne le sien. Il préfère les slogans aux larmes. Il préfère la mise en scène politique à la vérité. Il préfère les projecteurs à la justice.


La frontière comme miroir du cynisme
Pour Abinader, la frontière n’est pas un espace humain :
c’est un décor.
Un outil.
Un écran pour cacher l’incompétence et le cynisme derrière un mur ou des patrouilles.
Les Haïtiens n’y sont pas des voisins, pas des travailleurs, pas des enfants. Ils sont une menace symbolique. Un argument électoral. Une excuse pour masquer les failles économiques, sociales et morales de son pays.

L’histoire retiendra
que Luis Abinader a transformé la frontière en scène et les vies humaines en accessoires. Que la mort d’une enfant haïtienne n’a pas suffi à éveiller sa conscience.Que nier, détourner, masquer, est devenu sa méthode préférée pour gouverner.

Mais la vérité ne se tait pas.
La chaise vide, la piscine, les familles en détresse, toutes ces images continuent de hurler ce que le président refuse de voir. Et tant que le mépris continuera de régner, d’autres Stephora risquent de payer le prix du silence officiel.

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Maxime Daniel ETIENNE

Journaliste

maximedanieletienne@gmail.com

+509 4133-8168


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