Haïti étouffe sous vos promesses creuses, Premier ministre de facto : il est temps d’arrêter de parler et de commencer à agir.

Il faut désormais le dire sans détour, sans sucre, sans diplomatie inutile : vos promesses sont devenues un polluant national. Elles saturent l’air politique, empoisonnent l’espoir et asphyxient une population déjà privée d’oxygène institutionnel.

Actualité

Publié le 19-Décembre-2025

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Monsieur Alix Didier Fils-Aimé, Premier ministre de facto, Haïti ne s’effondre pas par manque de discours.
Elle s’effondre par excès de mensonges bien habillés.

Les promesses – résultat : zéro

Rappelons vos engagements publics, soigneusement énoncés devant la nation :

1. Rétablir la sécurité publique — priorité absolue pour protéger la population contre les gangs.

2. Tackler la violence des gangs — réduire les massacres et l’emprise des groupes armés.

3. Mobiliser le gouvernement pour la sécurité — consacrer énergie, compétences et patriotisme.

4. Renforcer la Police Nationale d’Haïti — formation, équipement et effectifs accrus.

5. Rouvrir les entreprises fermées par la violence — soutenir les citoyens dans leurs activités commerciales.

6. Préparer un climat sécuritaire stable avant les élections et le référendum.

7. Élaborer un budget rectificatif axé sur la sécurité (“budget de guerre”).

8. Promouvoir une Constitution plus solide — réformer les institutions.

9. Engager tous les citoyens dans la construction de la paix.

10. Combattre toutes les formes d’insécurité — économique, alimentaire et physique.

11. Rouvrir les routes et permettre aux déplacés de rentrer chez eux en sécurité.



Résultat : zéro.
La violence reste omniprésente.
Les routes restent impraticables.
Les gangs dictent la loi.
La police reste débordée.
Les entreprises ferment toujours.
Et le peuple continue d’attendre…

La parole officielle est devenue une monnaie dévaluée
Chaque promesse que vous ajoutez n’éclaire rien : elle obscurcit. Elle ne mobilise pas : elle anesthésie. Elle ne rassure pas : elle ridiculise l’autorité que vous prétendez incarner.

Mentir n’est pas une fonction gouvernementale
Ce n’est pas parce que vous êtes Premier ministre de facto que vous êtes obligé de mentir au peuple par plaisir.
Le pouvoir ne transforme pas le mensonge en devoir, ni la tromperie en méthode de gouvernance. Chaque promesse non tenue fracture la confiance, alimente le cynisme et pousse la population à ne plus croire en l’État.

Assez de théâtre, assez de posture
Le pays n’a plus besoin de mises en scène institutionnelles, de conférences ou de phrases calibrées pour la presse.
Il a besoin de décisions qui dérangent, de choix qui coûtent, de mesures qui se voient.

Gouverner, ce n’est pas promettre.
Gouverner, c’est assumer. Et assumer, c’est agir même quand cela expose, même quand cela fâche, même quand cela brise le confort politique.

Le peuple ne vous écoute plus, il vous observe
Il observe ce qui ne change pas.
Il observe ce qui n’arrive jamais.
Il observe l’écart béant entre la parole et la réalité.

Et ce silence qui s’installe n’est pas de la patience. C’est une rupture.

Monsieur le Premier ministre de facto, rangez vos promesses avant qu’elles ne deviennent définitivement inaudibles. Car quand la parole de l’État ne vaut plus rien, ce n’est pas l’opposition qui gagne, ce n’est pas la rue qui gagne, c’est le vide qui s’installe. Et le vide, en Haïti, n’a jamais produit autre chose que le chaos.

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Maxime Daniel ETIENNE

Journaliste

maximedanieletienne@gmail.com

+509 4133-8168


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