Micro contre matraque : quand la presse capoise est livrée aux prédateurs et abandonnée par ses maires

La presse ne se taira pas, micro contre matraque, vérité contre peur, plume contre oppression. Nous reviendrons toujours.

Actualité

Publié le 03-Janvier-2026

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Au Cap-Haïtien, exercer le journalisme est devenu un acte de bravoure.
Ce jour-là, des journalistes ont été menacés, intimidés, frappés par des individus armés armes à feu, armes blanches, bâtons, matraques certains en uniforme, d’autres cagoulés. Parmi eux, Alendy Étienne, policier détaché à la sécurité VIP, identifié par plusieurs témoins comme ayant pris part au dispositif d’intimidation. Et pendant que la presse vacillait sous la menace, les maires Patrick Almonor et Isaac Pierre-Louis étaient présents. Ils n’ont ni protégé, ni stoppé, ni dénoncé. Leur inaction pose une question grave : celle d’une possible complicité par non-assistance à personnes en danger.



Faits documentés
Les journalistes présents ne représentaient aucun danger. Ils étaient non armés. En mission d’information. Leur seule “arme” : un micro. Parmi eux, un homme portant un képi, journaliste très populaire, identifiable par son matériel et sa posture, se tient les bras ouverts, paumes visibles, dans une attitude claire de recul et de désescalade. Face à lui, des individus armés avancent : fusils, bâtons, matraques ; certains en uniforme, d’autres cagoulés. Selon des témoignages concordants, Alendy Étienne faisait partie de ce dispositif. Ces éléments appellent des vérifications officielles et une enquête indépendante.




Sécurité VIP : mission détournée
La mission d’un policier détaché à la sécurité VIP est de protéger, prévenir, désamorcer.
Elle n’inclut ni l’intimidation de journalistes, ni l’usage disproportionné de la force, ni la participation à des violences contre des civils non armés. Si les faits rapportés sont confirmés, ils constitueraient une violation grave des obligations professionnelles et des libertés publiques, notamment celles garanties par l’article 28-1 de la Constitution haïtienne.



Le rôle des maires : une inaction lourde de conséquences
Les maires Patrick Almonor et Isaac Pierre-Louis étaient présents. Ils n’ont pas levé la voix. Ils n’ont pas ordonné l’arrêt. Ils n’ont pas protégé les journalistes. Cette passivité, face à une situation manifestement dangereuse, pourrait être analysée au regard du droit comme une non-assistance à personnes en danger.
Il ne s’agit pas ici de condamner, mais de demander des comptes : pourquoi n’ont-ils pas agi ? Qui a donné les ordres ? Qui contrôlait le dispositif ?


Chaîne de commandement : des questions sans réponses
Un policier détaché n’agit pas seul. Un dispositif armé ne s’improvise pas. Des questions demeurent :
Sous quelle autorité Alendy Étienne opérait-il ? Qui coordonnait la sécurité ? La hiérarchie de la PNH était-elle informée ? Pourquoi aucune mesure immédiate de protection de la presse n’a été prise ? Le silence institutionnel aggrave la situation et alimente le soupçon.



le cri des journalistes
Ils ont des armes à feu, des armes blanches, des bâtons, des matraques. Certains ont des uniformes. D’autres des cagoules. Nous, nous avons des micros, des carnets, et la vérité. Ils frappent pour faire taire. Nous parlons pour que personne n’oublie. Chaque intimidation aiguise notre plume. Chaque menace renforce notre devoir. Nos mots survivent aux bâtons et aux balles. Ils deviennent mémoire, preuve, accusation citoyenne.


Ce qui doit être fait, maintenant
Confirmation officielle des identités et statuts des agents impliqués. Suspension préventive des personnes mises en cause, le temps des vérifications. Ouverture d’enquêtes par l’Inspection générale de la PNH et la DCPJ. Audition des autorités municipales présentes. Publication transparente des conclusions. Sans ces actions, la violence contre la presse devient une norme.


Ce texte ne condamne pas : il alerte. Il ne juge pas : il exige la vérité.
Si les faits sont confirmés, alors la presse capoise aura été attaquée par des hommes armés, abandonnée par ceux qui devaient la protéger, et trahie par le silence des institutions.

Mais une chose est certaine : la presse ne se taira pas. Micro contre matraque. Vérité contre peur. Plume contre oppression. Nous reviendrons. Toujours.

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Maxime Daniel ETIENNE

Journaliste

maximedanieletienne@gmail.com

+509 4133-8168


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