Trump et sa diplomatie du chaos : quand l’Amérique menace la souveraineté des autres

La politique étrangère de Trump est une politique du chaos, où la menace prime sur le dialogue, et où la force présumée des États-Unis est brandie comme une arme de dissuasion morale.

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Publié le 05-Janvier-2026

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Depuis toujours, la politique étrangère américaine est présentée comme une mission de défense de la démocratie et de la sécurité mondiale. Pourtant, les derniers propos de l’ex-président Donald Trump révèlent une posture agressive et irresponsable qui menace non seulement la paix régionale en Amérique latine, mais aussi la crédibilité des États-Unis sur la scène internationale.

Le dimanche 5 janvier 2026, à bord d’Air Force One, Trump a ouvertement envisagé une opération militaire en Colombie, à l’image de l’intervention controversée menée au Venezuela. Sans preuves, il a accusé le président colombien Gustavo Petro de trafic de drogue vers les États-Unis et l’a menacé de manière quasi personnelle, déclarant qu’il « ne le ferait plus très longtemps ».

Ces propos ne sont pas simplement une maladresse diplomatique : ils constituent une provocation directe envers la souveraineté d’un État démocratiquement élu. La Colombie, dirigée par Petro, est un pays qui a connu des décennies de guerre civile et qui tente depuis l’accord de paix de 1989 de tourner la page de la violence. Le président colombien, ancien guérillero et leader de gauche, a répondu en affirmant qu’il pourrait « reprendre les armes pour la patrie » si nécessaire. Cette déclaration n’est pas un appel à la guerre, mais un signal de résistance face à l’arrogance impérialiste de Washington.

Trump, par son style d’« intimidation publique », réduit la diplomatie à un théâtre de menaces et de coups de gueule. Son discours efface toute subtilité politique et transforme les relations internationales en une guerre de tweets et de déclarations incendiaires. Chaque mot prononcé à bord de l’avion présidentiel agit comme un canon, menaçant non seulement les gouvernements étrangers, mais aussi la stabilité régionale et la sécurité des citoyens.

Le vrai danger est ailleurs : en insinuant des accusations graves sans fournir la moindre preuve, Trump sape la légitimité des institutions internationales et normalise l’ingérence brutale dans les affaires intérieures d’autres pays. La Colombie, comme le Venezuela avant elle, devient un terrain de jeu pour une rhétorique de puissance et de coercition, au détriment de la diplomatie traditionnelle et du respect des droits souverains.

Il est temps de le dire : la politique étrangère de Trump est une politique du chaos, où la menace prime sur le dialogue, et où la force présumée des États-Unis est brandie comme une arme de dissuasion morale. Les peuples d’Amérique latine méritent mieux que ce mélange de menace et de désinformation. La paix et la souveraineté ne sont pas négociables.

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Maxime Daniel ETIENNE

Journaliste

maximedanieletienne@gmail.com

+509 4133-8168


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