Transition politique en Haïti : la Concertation nationale appelle à un dialogue urgent pour éviter l’impasse institutionnelle

La CN rappelle que l’Accord politique du 3 avril 2024, qui encadre le fonctionnement du CPT, excluait explicitement toute prolongation de mandat au-delà du 7 février 2026.

Politique

Publié le 07-Janvier-2026

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La Concertation nationale a rendu public, le 7 janvier 2026, un communiqué de presse lourd de sens dans le contexte politique particulièrement fragile que traverse Haïti. Prenant acte de la fin du quatrième mandat de la présidence tournante du Conseil Présidentiel de Transition (CPT), exercée par Laurent Saint-Cyr, l’organisation tire la sonnette d’alarme sur les risques imminents de rupture institutionnelle à l’approche de l’échéance clé du 7 février 2026.

Ce communiqué s’inscrit dans un climat national marqué par une insécurité persistante, une détérioration continue des conditions socioéconomiques et l’absence des garanties minimales nécessaires à l’organisation d’élections libres, inclusives et crédibles. Autant de facteurs qui fragilisent la transition en cours et nourrissent les inquiétudes d’une large frange de la population, déjà éprouvée par des années de crises politiques répétées.

La Concertation nationale rappelle que l’Accord politique du 3 avril 2024, qui encadre le fonctionnement du CPT, excluait explicitement toute prolongation de mandat au-delà du 7 février 2026. Dès lors, toute ambiguïté ou improvisation autour de cette date pourrait plonger le pays dans une nouvelle zone d’incertitude institutionnelle, avec des conséquences potentiellement graves pour la stabilité de l’État.

Face à cette situation, l’organisation plaide pour l’ouverture urgente d’un dialogue national franc, inclusif et responsable. L’objectif affiché est clair : garantir la continuité de l’État, éviter une rupture institutionnelle et répondre aux attentes profondes de la population haïtienne. Dans cette perspective, la Concertation nationale propose de repenser l’architecture de la transition autour d’un modèle bicéphale, articulé entre une direction politique chargée de la concertation et de l’orientation stratégique, et un pouvoir exécutif pleinement opérationnel.

Selon le communiqué, le pôle exécutif pourrait être confié à une entité consensuelle assurant la présidence, appuyée par un Premier ministre issu de la société civile. Ce dernier devrait maîtriser les rouages de l’administration publique, faire preuve de neutralité, de compétence et d’un engagement sans faille envers l’intérêt général. Une telle configuration viserait à renforcer l’efficacité de l’action publique, clarifier les responsabilités et restaurer la confiance nationale.

En appelant l’ensemble des forces vives du pays à privilégier le dialogue, la retenue et l’intérêt supérieur de la Nation, la Concertation nationale se positionne comme un acteur plaidant pour une sortie de crise fondée sur le consensus, la responsabilité collective et l’innovation institutionnelle. Dans un contexte où chaque décision compte, ce communiqué résonne comme un avertissement, mais aussi comme une invitation à repenser la transition pour éviter qu’Haïti ne s’enlise une fois de plus dans une crise politique sans issue.

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Paul Markenley AUGUSTIN

Journaliste reporter d'image/ Administrateur

paulmarkenleyaugustin@gmail.com

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