« Trottoirs Propres, Ville Noyée : Le Grand Spectacle du Cap-Haïtien »
Avant la pluie, une ville de poussière. Après la pluie, un cloaque. Et les dirigeants ? Plus préoccupés par les trottoirs que par la vie de leurs citoyens. Entre constructions anarchiques sur les flancs des mornes et canaux obstrués, le chaos est total.
Publié le 10-Janvier-2026
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Avant la pluie, une ville de poussière. Après la pluie, un cloaque. Et les dirigeants ? Plus préoccupés par les trottoirs que par la vie de leurs citoyens. Entre constructions anarchiques sur les flancs des mornes et canaux obstrués, le chaos est total.
Avant la pluie : suffoquer sous la poussière
Le Cap-Haïtien étouffe. Partout, poussière et déchets. Routes défoncées, trottoirs envahis. Les constructions anarchiques s’agrippent aux flancs des mornes, menaçant de tout emporter au prochain orage. Sur les canaux, des habitations et commerces illégaux bloquent l’écoulement naturel des eaux. La ville n’est pas sale par accident : elle est le reflet d’une incompétence chronique et d’un laxisme total face au désordre. Chaque coin de rue crie « prévention oubliée ». Chaque mât d’eau rouillé hurle « inaction ». Et les autorités ? Elles ferment les yeux. Elles comptent les trottoirs libres, ignorent la vie des habitants. Spectacle avant sécurité. Image avant survie.
Après la pluie : la ville sous les eaux
Puis la pluie tombe. La poussière devient boue. Les rues se transforment en rivières. Les déchets flottent, les habitants pataugent, les maladies attendent. Les constructions anarchiques sur les flancs des mornes aggravent les glissements de terrain. Les habitations sur les canaux bloquent le passage de l’eau et transforment la ville en lagune. Et pourtant, le maire, le délégué départemental et les commissaires posent pour la photo. Trottoirs propres, canaux bouchés, mornes menacés. Priorité à l’image, pas à la vie.
Causes connues, ignorées depuis des années
Canaux jamais nettoyés, obstrués par les déchets et des constructions illégales.
Décharges sauvages à chaque coin de rue.
Routes en ruine, dangereuses pour tous.
Constructions anarchiques sur les flancs des mornes et au bord des canaux.
Systèmes de drainage vétustes ou inexistants.
Chaque saison des pluies aurait dû être une leçon. Chaque inondation, un signal d’alarme. Mais les dirigeants préfèrent faire joli pour la caméra plutôt que protéger la population.
Quand important et prioritaire se confondent
Au Cap-Haïtien, l’urgence réelle crie dans chaque ruelle : canaux bouchés, routes défoncées, déchets et constructions illégales qui s’accumulent comme des bombes à retardement. Mais nos autorités semblent vivre dans un monde parallèle. Pour elles, prioritaire, c’est un trottoir dégagé pour la photo, important, c’est la vie des habitants. Résultat : la ville étouffe sous la poussière avant la pluie et se noie dans la boue après. Pendant que les citoyens pataugent, le maire pose, le délégué applaudit et le commissaire sourit, comme si un selfie pouvait remplacer une canalisation débouchée ou un mètre de route réparée. Confondre l’urgent et l’important n’est pas seulement une erreur : c’est une mise en danger volontaire de toute une population.
Le maire doit organiser la collecte des déchets, entretenir routes et espaces publics, et prévenir les catastrophes. Le délégué départemental doit coordonner les interventions publiques et soutenir la commune. Le commissaire du gouvernement doit veiller à la loi et à l’application des décisions de l’État. Chacun connaît son rôle… mais préfère poser pour la photo plutôt que remplir ses obligations. Les habitants, eux, n’ont pas oublié leurs besoins réels.
Que devraient faire les dirigeants ?
1. Nettoyer en priorité les canaux et drains, même sous les constructions anarchiques.
2. Réparer et sécuriser routes et infrastructures.
3. Déloger ou régulariser les constructions illégales sur les canaux et les flancs des mornes.
4. Ramasser les déchets régulièrement et interdire les décharges sauvages.
5. Planifier des infrastructures capables de gérer la pluie et protéger la population.
Tout le reste n’est que spectacle pour la photo, pendant que la ville se noie dans le chaos.
Le Cap-Haïtien avant la pluie est poussiéreux. Après la pluie, il est inondé. Les flancs des mornes menacent de glisser, les canaux restent bloqués. Et les dirigeants ? Toujours aveugles. Tant que le maire, le délégué et les commissaires continueront à confondre image et action, la ville continuera de se noyer sous leur incompétence flagrante.
Frapper fort : l’urgence n’est pas la photo. L’urgence, c’est la vie des habitants. Libérer un trottoir ne sauvera personne. Nettoyer un canal et réguler les constructions anarchiques, oui.
Maxime Daniel ETIENNE
Journaliste
maximedanieletienne@gmail.com
+509 4133-8168
