Cap-Haïtien : l’attaque contre Pot’iwa Pizza relance le débat sur la sécurité des investissements privés
Pour les dirigeants, l’attaque contre Pot’iwa Pizza Okap est perçue comme une agression directe contre l’investissement privé en Haïti.
Publié le 10-Janvier-2026
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Le Cap-Haïtien a été le théâtre, ce vendredi 9 janvier 2026, d’un événement qui suscite une vive inquiétude au sein du secteur privé haïtien. Le restaurant Pot’iwa Pizza Okap, entreprise bien connue dans la deuxième ville du pays, a été la cible d’une opération de démolition menée contre le bâtiment qui l’abrite. L’information a été rendue publique à travers un communiqué officiel du Conseil d’administration de Pot’iwa Pizza International, largement relayé sur les réseaux sociaux.
Selon cette note, les responsables de l’entreprise ont reçu, le même jour, des images montrant une opération de destruction engagée contre leurs installations au Cap-Haïtien. D’après des informations recueillies par l’entreprise, cette action aurait été menée sur instruction du délégué départemental du Nord, bien qu’aucune communication officielle n’ait été adressée à la société avant l’intervention.
Pot’iwa Pizza affirme n’avoir reçu aucun avertissement préalable, ni notification écrite, ni même verbale, de la part d’une quelconque autorité administrative. Cette absence de procédure soulève de sérieuses interrogations sur le respect des règles élémentaires de l’État de droit, dans un contexte national déjà marqué par une forte fragilité institutionnelle.
L’attaque contre Pot’iwa Pizza Okap est perçue par ses dirigeants comme une agression directe contre l’investissement privé en Haïti. L’entreprise rappelle qu’elle est légalement enregistrée, qu’elle s’acquitte régulièrement de ses obligations fiscales et qu’elle opère conformément aux lois haïtiennes. À elle seule, la succursale du Cap-Haïtien génère 22 emplois stables, contribuant ainsi à la lutte contre le chômage dans une région où les opportunités économiques demeurent limitées.
Au-delà de l’impact immédiat sur l’entreprise, cet incident intervient dans un climat tendu au Cap-Haïtien, où les acteurs économiques dénoncent depuis plusieurs mois l’insécurité juridique, l’arbitraire administratif et l’absence de garanties pour les entrepreneurs. Alors que la ville tente de préserver son attractivité économique et touristique, de telles actions risquent de décourager aussi bien les investisseurs locaux que ceux de la diaspora.
Pot’iwa Pizza, marque populaire auprès de la jeunesse et des familles haïtiennes, s’est imposée au fil des années comme un symbole d’entrepreneuriat local dynamique. Son développement au Cap-Haïtien s’inscrivait dans une logique de création de valeur, de paiement de taxes au Trésor public et de participation active à la vie économique locale, à hauteur de plusieurs millions de gourdes par an selon le communiqué.
Face à cette situation, l’avocat de Pot’iwa Pizza International a été officiellement saisi afin d’engager les démarches légales appropriées. L’entreprise dit vouloir comprendre les motivations réelles derrière cette opération et obtenir réparation pour les préjudices subis.
Cet épisode met une nouvelle fois en lumière les défis majeurs auxquels est confronté le secteur privé haïtien : absence de prévisibilité administrative, faiblesse des mécanismes de protection des investissements et climat général d’incertitude. Dans un pays en quête de stabilité et de relance économique, l’affaire Pot’iwa Pizza Okap pourrait devenir un cas emblématique du rapport conflictuel entre autorités publiques et initiative privée.
Pour de nombreux observateurs, la réponse des institutions à cette affaire sera déterminante. Elle dira si l’Haïti actuelle est en mesure de garantir un minimum de sécurité juridique aux entrepreneurs, condition indispensable à toute perspective de développement durable.
Paul Markenley AUGUSTIN
Journaliste reporter d'image/ Administrateur
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