12 janvier : une journée de mémoire nationale pour honorer les victimes des catastrophes naturelles

En instituant le 12 janvier comme Jour du Souvenir des Victimes de Catastrophes Naturelles, l’État haïtien reconnaît que la mémoire n’est pas un simple devoir symbolique, mais un engagement moral et politique.

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Publié le 10-Janvier-2026

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Le 12 janvier 2026 marquera en Haïti une journée de recueillement et de mémoire nationale. À travers une note de presse officielle, le Secrétariat Général de la Présidence a rappelé que, par arrêté en date du 18 décembre 2024, cette date est désormais déclarée « Jour du Souvenir des Victimes de Catastrophes Naturelles ». Une décision lourde de sens, qui s’inscrit dans la continuité du traumatisme collectif laissé par le séisme dévastateur du 12 janvier 2010.

Il y a seize ans, à 16 h 53, la terre tremblait violemment, frappant Port-au-Prince et plusieurs villes environnantes. En quelques secondes, des dizaines de milliers de vies furent fauchées, des familles entières décimées, des quartiers rasés, et l’État haïtien profondément ébranlé. Ce séisme, l’un des plus meurtriers de l’histoire contemporaine, a laissé derrière lui un pays meurtri, confronté à une crise humanitaire sans précédent, à l’effondrement de ses institutions et à une reconstruction longue, incomplète et douloureuse.

La journée du 12 janvier 2026 sera marquée par des gestes symboliques forts. Le drapeau national sera mis en berne sur tout le territoire de la République, rappelant la douleur partagée et le respect dû aux victimes. Les discothèques et établissements assimilés resteront fermés, afin de préserver le caractère solennel de cette commémoration. Les stations de radio et de télévision sont invitées à diffuser des émissions de circonstance, donnant la parole aux survivants, aux familles endeuillées, aux acteurs humanitaires et aux experts, pour entretenir la mémoire collective.

Au-delà du souvenir, cette journée invite à une réflexion profonde sur les séquelles durables du séisme de 2010. Seize ans après, de nombreuses familles vivent encore avec les stigmates psychologiques du drame, tandis que la vulnérabilité du pays face aux catastrophes naturelles demeure une réalité préoccupante. Le tremblement de terre a également mis en lumière les failles structurelles de l’urbanisme, de la gouvernance et de la gestion des risques en Haïti, des défis qui restent largement d’actualité.

En instituant le 12 janvier comme Jour du Souvenir des Victimes de Catastrophes Naturelles, l’État haïtien reconnaît que la mémoire n’est pas un simple devoir symbolique, mais un engagement moral et politique. Honorer les victimes, c’est aussi tirer les leçons du passé, renforcer la prévention, améliorer la préparation aux risques et bâtir une culture de résilience.

Cette journée se veut enfin un moment d’unité nationale. Un temps pour se souvenir, pour se recueillir, mais aussi pour réaffirmer la dignité d’un peuple qui, malgré les épreuves, continue de se relever. Le 12 janvier n’est pas seulement une date tragique dans l’histoire d’Haïti ; c’est un appel permanent à la solidarité, à la responsabilité collective et au respect de la mémoire de celles et ceux qui ont perdu la vie.

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Paul Markenley AUGUSTIN

Journaliste reporter d'image/ Administrateur

paulmarkenleyaugustin@gmail.com

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