Coopération électorale internationale : le CEP s’allie à l’expertise mexicaine à l’approche des élection
Dans un pays où les élections ont longtemps été entachées par des crises de légitimité, des contestations et des dysfonctionnements institutionnels, cette initiative apparaît comme un signal adressé à la communauté nationale et internationale.
Publié le 28-Janvier-2026
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Port-au-Prince, janvier 2026 – À quelques mois des élections annoncées dans un contexte politique et sécuritaire particulièrement sensible, le Conseil électoral provisoire (CEP) multiplie les initiatives visant à renforcer la crédibilité du processus électoral. C’est dans cette dynamique qu’un protocole d’accord a été signé, le mercredi 28 janvier 2026, entre le CEP et l’Institut national électoral (INE) du Mexique, institution reconnue pour son expertise technique et son expérience en matière d’organisation électorale.
L’accord a été paraphé par le président du CEP, Jacques Desrosiers, et l’ambassadeur du Mexique, Son Excellence José de Jesús Cisneros Chavez. Il vise à formaliser une coopération stratégique dans plusieurs domaines clés du système électoral, notamment le renforcement des capacités des opérateurs électoraux, la gestion et l’actualisation du registre électoral, ainsi que l’intégration de solutions technologiques dans l’administration des scrutins.
Dans un pays où les élections ont longtemps été entachées par des crises de légitimité, des contestations et des dysfonctionnements institutionnels, cette initiative apparaît comme un signal adressé à la communauté nationale et internationale. Le CEP cherche ainsi à tirer profit de l’expérience mexicaine pour corriger les faiblesses structurelles du système électoral haïtien, souvent critiqué pour son manque de fiabilité, la faiblesse de ses infrastructures et l’insuffisance de formation de ses agents.
Au-delà de l’aspect technique, cet accord s’inscrit dans un contexte politique délicat. La transition en cours est confrontée à une double exigence : rétablir un climat de sécurité minimal et organiser des élections crédibles capables de restaurer la légitimité des institutions. Or, sans un registre électoral fiable, des mécanismes transparents et une logistique maîtrisée, le processus électoral risque de raviver les tensions plutôt que de les apaiser.
Les deux institutions se sont engagées à échanger autour de thématiques cruciales du système électoral, dans un esprit de respect mutuel et d’enrichissement réciproque. L’objectif affiché est clair : contribuer à la construction d’un avenir démocratique où chaque vote compte réellement, dans un pays où la défiance citoyenne envers les processus électoraux demeure élevée.
Toutefois, cette coopération internationale, aussi prometteuse soit-elle, ne saurait suffire à elle seule. La réussite des élections dépendra également de la volonté politique des acteurs nationaux, de la sécurité sur le terrain et de la capacité du CEP à préserver son indépendance. Dans un Haïti en quête de stabilité, la signature de ce protocole représente une étape importante, mais elle devra impérativement se traduire par des résultats concrets pour regagner la confiance de la population.
Paul Markenley AUGUSTIN
Journaliste reporter d'image/ Administrateur
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