La prise en otage de Mirebalais : quand les ambitions personnelles étouffent le cri du peuple

Un appel à la conscience des élites Acteurs politiques de Mirebalais, leaders autoproclamés, élites locales : entendez-vous le sang du peuple qui coule sous vos querelles mesquines ? Votre soif de contrôle, masquée derrière des discours creux sur le « bien commun », n'est qu'une trahison abjecte.

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Publié le 10-Février-2026

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Mirebalais, perle du Centre d'Haïti, agonise sous le poids d'une violence qui n'épargne plus personne. Intolérance viscérale, effondrement des normes sociales, sous-développement chronique et absence criante de sagesse collective : ces fléaux révèlent un cancer profond qui ronge l'âme de notre communauté. Pourtant, au milieu de ce chaos, l'attachement indéfectible des Mirebalaisiens à leur terre natale persiste comme un phare dans la nuit. Une interrogation lancinante hante les ruelles désertées : comment une cité nourrie d'histoire et d'aspirations pacifiques sombre-t-elle dans un tel abîme de conflits fratricides ?

Thomas Hobbes, dans son Léviathan, nous alerte d'une vérité brutale qui colle à la peau de notre réalité haïtienne : « L'homme est un loup pour l'homme ». Cette sentence résonne avec une violence prophétique à Mirebalais, où les Talibans Mawozo, ces barbares sans foi ni loi, ont transformé la commune en zone d'otages permanents. Meurtres gratuits, pillages effrénés, enlèvements crapuleux et incendies criminels : leur règne de terreur a fracturé le tissu social. Mais le drame s'aggrave avec la révélation des masques tombés : des acteurs locaux, prompts à se draper de vertus, se disputent le pouvoir communal dans une lutte sordide, où l'intérêt général n'est qu'un prétexte. Dirigeants sortants agrippés à leurs privilèges, incapables de résultats concrets, déploient ruses et intimidations pour perdurer ; opposants autoproclamés, promettant monts et merveilles, n'hésitent pas à attiser les divisions pour s'emparer du trône. Population otage double : entre les gangs armés et ces rapaces politiques, elle croupit dans l'enclume de l'insécurité et le marteau des ambitions égoïstes. « Pèp la bezwen tounen lakay li », clame-t-on dans les murmures des déplacés – un appel déchirant à la dignité retrouvée, à la tranquillité volée, à un avenir confisqué.


Un appel à la conscience des élites Acteurs politiques de Mirebalais, leaders autoproclamés, élites locales : entendez-vous le sang du peuple qui coule sous vos querelles mesquines ? Votre soif de contrôle, masquée derrière des discours creux sur le « bien commun », n'est qu'une trahison abjecte. Comment osez-vous vous disputer les rênes d'une commune martyrisée, pendant que les mères/ pères pleurent leurs fils/ filles enlevés(es), que les champs brûlés privent les familles de pain quotidien, que les enfants grandissent dans la peur plutôt que dans l'école ? Votre légitimité, si elle existe, s'effrite à chaque enlèvement impuni, à chaque incendie allumé par vos silences complices. Haïti tout entière vous observe : Mirebalais n'est pas votre fief personnel, mais le berceau d'une nation qui mérite mieux que vos magouilles. Réveillez-vous ! La postérité haïra ceux qui ont préféré l'empire de l'ego à la libération collective. Où est votre honneur ? Où est la fierté d'un peuple qui a forgé l'indépendance ?

Solutions urgentes et collectives
Face à l'abîme, l'inaction est suicide collectif. Deux impératifs s'imposent : Éradiquer les gangs: par une force sécuritaire implacable militaire haïtienne renforcée, appui international ciblé, ou négociations dialectiques fermes pour déloger ces hyènes et restaurer la souveraineté communale.

Purger les luttes internes : exiger un leadership unifié, transparent, où les rivaux font alliance au service du peuple, non des clans. Sanctions contre les profiteurs, élections locales crédibles sous haute protection, et mobilisation citoyenne pour une solidarité inébranlable.

Mirebalais ne renaîtra pas des discours enflammés, mais d'actes courageux. Élites, si vous persistez dans l'aveuglement, l'histoire inscrira vos noms du côté des bourreaux. Citoyens, levez-vous pour imposer le changement ! Que la lumière de la justice éclaire enfin nos ténèbres. Mirebalais vivra.

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Delgard Emmanes

Etudiant en Gouvernance et Développement Local

delgardemmanes801@gmail.com

+509 42 27 9511


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