Haïti : l’ULCC rappelle l’obligation de déclaration de patrimoine aux anciens hauts responsables de l’État
Cette sortie de l’ULCC intervient à un moment où la question de la corruption demeure l’un des principaux facteurs d’instabilité politique et économique en Haïti.
Publié le 10-Février-2026
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Port-au-Prince, 9 février 2026 —Dans un contexte national marqué par une crise de gouvernance persistante, une insécurité généralisée et une profonde défiance de la population envers les institutions publiques, l’Unité de Lutte Contre la Corruption (ULCC) a publié une note d’information rappelant l’obligation légale de déclaration de patrimoine de sortie pour certaines catégories de responsables de l’État.
S’appuyant sur les articles 2, 6, 7 et 14 de la loi du 12 février 2008 relative à la déclaration de patrimoine, l’ULCC exhorte les anciennes hautes personnalités politiques, les directeurs généraux, les membres de cabinets ministériels ainsi que d’autres agents publics concernés à se conformer à cette exigence légale. Selon la note, cette déclaration doit être effectuée dans un délai maximum de trente (30) jours suivant la fin de leur mandat, auprès du greffe du tribunal civil de leur domicile.
L’institution anticorruption rappelle que cette formalité n’est pas une simple recommandation administrative, mais une obligation légale qui s’inscrit dans les principes fondamentaux de redevabilité, de transparence et de bonne gouvernance. Le non-respect de cette disposition expose les contrevenants à des poursuites judiciaires pour défaut de déclaration de patrimoine. Cette sortie de l’ULCC intervient à un moment où la question de la corruption demeure l’un des principaux facteurs d’instabilité politique et économique en Haïti. Plusieurs rapports nationaux et internationaux soulignent que la mauvaise gestion des fonds publics, l’impunité et l’absence de reddition de comptes ont contribué à l’affaiblissement de l’État et à la détérioration des conditions de vie de la population.
Dans un pays où une large partie des citoyens réclame justice, transparence et rupture avec les pratiques du passé, cette note est perçue comme un rappel à l’ordre adressé aux élites politiques et administratives. Toutefois, de nombreuses voix estiment que l’efficacité de cette démarche dépendra de la capacité réelle des institutions judiciaires à appliquer la loi sans distinction ni considérations politiques.
Alors que la transition politique peine à produire des résultats concrets et que la confiance du public reste fragile, l’ULCC tente, à travers cette note, de réaffirmer son rôle dans la lutte contre la corruption. Reste à savoir si cet appel au respect de la loi sera suivi d’actions judiciaires concrètes, capables de renforcer l’État de droit et de répondre aux attentes pressantes de la population haïtienne.
Paul Markenley AUGUSTIN
Journaliste reporter d'image/ Administrateur
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