Haïti : Abinader propose un soutien logistique à Bukele, alors que des munitions dominicaines sont retrouvées chez des gangs

Le président dominicain Luis Abinader a annoncé avoir échangé avec son homologue salvadorien Nayib Bukele au sujet d’une coopération logistique et du partage de renseignements afin d’appuyer les opérations menées en Haïti contre les groupes armés.

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Publié le 29-Octobre-2026

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Cette proposition intervient alors que le Salvador poursuit une opération destinée à retrouver quatre techniciens militaires disparus en Haïti. Les autorités salvadoriennes ont mobilisé des forces spécialisées pour participer aux recherches, dans un contexte où les circonstances exactes de leur disparition restent encore à établir.

Une coopération sous surveillance
Selon Luis Abinader, la République dominicaine maintient des contacts avec la Force de suppression des gangs et pourrait fournir un appui dans les domaines de la logistique et du renseignement. Les informations disponibles ne font pas état d’une décision d’envoyer des troupes dominicaines combattre directement aux côtés des forces salvadoriennes.

Le gouvernement dominicain affirme également avoir renforcé la surveillance de sa frontière avec Haïti. Des soldats supplémentaires, des véhicules blindés, des drones et des aéronefs seraient mobilisés afin de prévenir toute tentative d’incursion de groupes armés sur le territoire dominicain. Les gangs 400 Mawozo et Chen Mechan sont cités parmi les groupes opérant dans les zones liées à la disparition des Salvadoriens. Toutefois, les responsabilités précises ainsi que les circonstances de l’incident doivent encore être confirmées par les autorités compétentes.

Des munitions provenant de stocks dominicains
L’offre d’assistance dominicaine intervient alors que la circulation des armes et des munitions dans la région suscite de nouvelles interrogations. Selon des informations attribuées au Groupe d’experts des Nations unies sur Haïti, un inventaire aurait révélé le détournement de 908 001 articles, principalement des munitions, provenant des stocks de la Police nationale dominicaine.

Des inspections réalisées à Port-au-Prince auraient également permis d’identifier, entre les mains de 400 Mawozo et d’autres groupes armés, des munitions compatibles avec celles déclarées disparues des stocks dominicains.

Ces éléments ne prouvent pas que le gouvernement dominicain a directement fourni des armes aux gangs. Ils soulèvent cependant la possibilité de détournements, de complicités ou de défaillances dans les systèmes de stockage, de contrôle et de distribution du matériel de sécurité.

Une contradiction qui interpelle
La situation met en évidence une contradiction politique difficile à ignorer. D’un côté, la République dominicaine affirme vouloir empêcher les groupes armés haïtiens de menacer son territoire et propose un soutien à l’opération menée avec l’appui du Salvador. De l’autre, des munitions provenant de stocks dominicains auraient été retrouvées entre les mains de gangs responsables d’une partie de la violence en Haïti.

Il serait toutefois imprudent d’affirmer que la République dominicaine alimente directement les gangs sans distinguer la responsabilité de l’État, le détournement de matériel et le trafic transfrontalier. Le nombre de 908 001 articles correspond aux pertes identifiées dans les stocks dominicains et ne signifie pas que 400 Mawozo aurait utilisé l’intégralité de ces munitions.

Des explications attendues
Les autorités dominicaines sont désormais appelées à clarifier les circonstances dans lesquelles ces munitions ont disparu, à identifier les responsables présumés et à présenter les mesures prises pour empêcher de nouveaux détournements. Une enquête sérieuse devrait également examiner les éventuelles complicités au sein des forces de sécurité, les réseaux de transport et les circuits de contrebande qui facilitent le passage des armes vers Haïti.

La coopération avec le Salvador pourrait contribuer à retrouver les militaires disparus. Elle ne devrait toutefois pas faire oublier le problème central : le contrôle des armes et des munitions qui alimentent la violence en Haïti.

Toute assistance régionale devra respecter la souveraineté haïtienne, protéger les populations civiles et garantir la transparence sur l’origine des armes retrouvées auprès des groupes armés. La question demeure donc entière : comment la République dominicaine compte-t-elle contribuer à la lutte contre les gangs tout en empêchant que son propre matériel de sécurité ne tombe entre leurs mains ?

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Maxime Daniel ETIENNE

Journaliste

maximedanieletienne@gmail.com

+509 4133-8168


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