Wally Dessence révoqué pour manque de réserve, le gardien zélé que le CEP a fini par lâcher

Il aura suffi de quelques heures pour que la grande bravoure de Wally Dessence se transforme en naufrage.

Actualité

Publié le 01-Novembre-2026

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Le CEP a révoqué, le 29 octobre 2026, le président du BED Ouest 1, non pas pour avoir mal fait son travail, mais pour l'avoir trop bien fait, du moins à ses propres yeux. Motif officiel : manque de réserve. Traduction : il a voulu jouer au shérif électoral et le shérif s'est retrouvé sans étoile.

Ce jour-là, dans un élan de zèle qui fera date, Wally Dessence avait refusé de recevoir les pièces de Jean Ernest Muscadin, candidat à la présidence, avant de les déclarer irrecevables, et, pour couronner le tout, un juge de paix convoqué en tenue de service pour verbaliser la sentence. Un petit théâtre juridique dont il pensait sans doute sortir en héros. C'est en tout cas les mains vides qu'il en sort, selon une source proche de l'institution électorale citée par Haïti Standard. Une mise en scène que le CEP n'a visiblement pas goûtée.

Car voilà la beauté tragique de l'affaire : plus Wally Dessence s'est acharné à bloquer le dossier Muscadin, plus il l'a rendu conforme. Le tollé soulevé par sa petite démonstration de force aurait en effet poussé l'institution électorale à reconnaître la validité du candidat, qui pourra désormais se conformer tranquillement aux exigences du CEP. Le portier voulait fermer la porte ; il l'a ouverte grand. Et c'est le CEP lui-même qui statuera plus tard sur ce dossier que personne n'a pu empêcher d'avancer.

Il doit maintenant quitter ses fonctions sans délai et restituer le matériel de l'organisme électoral encore en sa possession, comme on rend les clés d'une maison qu'on n'a jamais vraiment habitée. Son contrat, lui, courait jusqu'en septembre 2027. Il n'ira pas jusque-là. Selon Haïti Standard, Wally Dessence n'a pas souhaité commenter la décision du CEP. Sans doute médite-t-il cette leçon cruelle : dans une élection, le zèle est une vertu ; dans une institution, c'est parfois un suicide.

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Maxime Daniel ETIENNE

Journaliste

maximedanieletienne@gmail.com

+509 4133-8168


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