Bassin-Bleu et Montrouis : le feu des gangs, le silence du pouvoir

Ce n’est plus de l’indifférence. C’est une complicité criminelle.

Actualité

Publié le 19-Septembre-2025

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En moins de 24 heures, deux commissariats se sont transformés en torches. Montrouis dans l’Ouest, Bassin-Bleu dans le Nord-Ouest. À Bassin-Bleu, le gang « Kokorat San Ras » n’a pas seulement réduit le commissariat en cendres : il a aussi incendié la mairie, effaçant sous les flammes les derniers symboles d’autorité publique. Résultat : un exode brutal, des familles sur les routes, une population livrée à la terreur.

À Montrouis, c’est la coalition « Viv Ansanm » qui a frappé. À Bassin-Bleu, les Kokorat San Ras ont fini le travail. Deux attaques coordonnées, un même objectif : effacer l’État, imposer la loi des gangs.

Les vidéos qui circulent parlent d’elles-mêmes : des cris, des fuites éperdues, des enfants arrachés de leurs maisons en pleine nuit, des vieillards abandonnés sur les chemins. La peur est totale, les morts et blessés se multiplient, mais personne ne les compte.

Pendant ce temps, silence absolu au sommet de l’État. La Police nationale d’Haïti (PNH) est dépassée, le gouvernement paralysé, le Conseil présidentiel de transition invisible. Haïti brûle, et ses dirigeants regardent ailleurs.

Une complicité par abandon

Ce n’est plus de l’indifférence. C’est une complicité criminelle. Chaque commissariat qui flambe, chaque mairie réduite en cendres confirme la faillite d’un pouvoir qui a cessé de gouverner. Les gangs ne conquièrent pas : on leur cède le terrain.

Haïti n’a plus d’État. Elle n’a plus que des fossoyeurs. Ceux qui prétendent diriger sont devenus les comptables muets de la destruction nationale, les gardiens complices de la République assassinée. Pendant que les flammes avalent le pays, ils s’accrochent à leurs fauteuils comme des naufragés à une épave. Mais qu’ils ne s’y trompent pas : l’histoire retiendra leurs noms, non comme des sauveurs, mais comme les traîtres qui ont vendu la nation aux flammes et aux balles.

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Maxime Daniel ETIENNE

Journaliste

maximedanieletienne@gmail.com

+509 4133-8168


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