Le FNE ou l’art subtil de révoquer l’évidence
Dans sa lettre à la Cour Supérieure des Comptes et du Contentieux Administratif (CSCCA), la Directrice dénonce une décision sans faute, sans procédure, sans justification, mais avec une efficacité remarquable pour humilier un poste stratégique et décourager toute personne aspirant à servir son pays avec compétence.
Publié le 19-Septembre-2025
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Port-au-Prince, 19 septembre 2025 – La Directrice Générale du Fonds National de l’Éducation (FNE), Sterline Civil, a été remerciée le 18 septembre 2025. Motif officiel : aucun. Explication légale : inexistante. Prétexte administratif : invisible. Bref, une révocation parfaite… si l’on mesure le « professionnalisme » à l’aune de l’arbitraire.
Mme Civil, nommée légalement le 18 février 2025 pour un mandat de trois ans, rappelle à ses employeurs improvisés que la loi organique du FNE n’autorise pas de telles pirouettes. Mais visiblement, certaines personnes considèrent que les textes légaux sont des suggestions optionnelles plutôt que des règles à respecter.
Dans sa lettre à la Cour Supérieure des Comptes et du Contentieux Administratif (CSCCA), la Directrice dénonce une décision sans faute, sans procédure, sans justification, mais avec une efficacité remarquable pour humilier un poste stratégique et décourager toute personne aspirant à servir son pays avec compétence.
Pour Mme Civil, ce n’est pas seulement sa carrière qui est en jeu : c’est la confiance des jeunes et la crédibilité du service public. Une génération entière pourrait apprendre que, dans certaines administrations, le mérite se retire aussi facilement qu’un abonnement internet capricieux.
Elle réclame donc :
La nullité immédiate de la décision ;
Sa réintégration sans délai pour respecter la loi ;
Un rappel solennel que les nominations au FNE sont autonomes et protégées par la loi ;
Et surtout, que l’arbitraire ne devienne pas la norme dans la fonction publique haïtienne.
Si cette affaire devait servir de précédent, elle pourrait bien être l’illustration parfaite de ce qu’Haïti sait faire de mieux : récompenser l’injustice avec style et envoyer un message clair aux cadres patriotes : le mérite n’a aucune immunité… mais le pouvoir, lui, est sacrément persistant.
Maxime Daniel ETIENNE
Journaliste
maximedanieletienne@gmail.com
+509 4133-8168
