CULTURE

Décès de Dieudonné Larose : Haïti perd une voix majeure de sa mémoire musicale

La musique haïtienne est en deuil. Le vendredi 9 janvier 2025, Dieudonné Larose, figure emblématique du compas et de la musique populaire haïtienne, s’est éteint, laissant derrière lui une œuvre riche et un héritage profondément ancré dans la mémoire collective. L’annonce de sa disparition a suscité une vive émotion à travers le pays, au point que le Conseil Présidentiel de Transition (CPT) a publié une note officielle de sympathie saluant la contribution exceptionnelle de l’artiste à la culture nationale. À travers ses chansons, Dieudonné Larose s’était imposé comme une voix incontournable de la scène musicale haïtienne. Son talent, reconnu tant par le public que par ses pairs, lui a permis de traverser les générations, touchant aussi bien les amateurs de compas traditionnel que les jeunes mélomanes. Ses textes, souvent empreints de sensibilité, d’amour et de réalisme social, reflétaient les joies, les douleurs et les espoirs du peuple haïtien. Le CPT, dans sa note de sympathie, souligne que Dieudonné Larose n’était pas seulement un musicien, mais un porteur de mémoire et d’identité. Sa musique, devenue au fil du temps un repère culturel, continuera de résonner « comme un chant d’amour pour Haïti et pour l’humanité ». Une reconnaissance institutionnelle qui témoigne de l’impact durable de l’artiste bien au-delà de la scène musicale. La disparition de Dieudonné Larose laisse un vide immense, non seulement au sein de sa famille et de ses proches, mais aussi dans toute la communauté artistique haïtienne. Pour de nombreux musiciens, il représentait un modèle de rigueur, de créativité et de fidélité à l’authenticité musicale haïtienne. Son parcours inspire aujourd’hui une nouvelle génération appelée à préserver et renouveler cet héritage culturel. Au-delà de l’émotion, la mort de Dieudonné Larose relance également le débat sur la préservation du patrimoine musical haïtien et la reconnaissance des artistes de leur vivant. Dans un pays confronté à de multiples crises, la culture demeure l’un des rares espaces de résistance, de cohésion et d’espoir. Les œuvres de Larose s’inscrivent pleinement dans cette dynamique, rappelant que la musique reste une force de rassemblement et d’affirmation identitaire. En adressant ses condoléances à la famille de l’artiste, à ses amis, à ses collègues musiciens et aux mélomanes, le Conseil Présidentiel de Transition a exprimé le sentiment partagé par toute une nation. Si Dieudonné Larose n’est plus physiquement parmi nous, son héritage artistique, lui, est appelé à traverser le temps. Comme beaucoup de grandes figures de la musique haïtienne, Dieudonné Larose entre désormais dans l’histoire. Une histoire faite de notes, de paroles et d’émotions, qui continueront d’inspirer Haïti et ses générations futures.

Dieudonné Larose s’éteint : disparition d’une légende du konpa haïtien

Né le 5 juin 1945 à Cabaret, Larose restera dans la mémoire collective comme l’un des artistes les plus influents et les plus aimés du konpa, le genre musical emblématique d’Haïti. Son parcours artistique s’étend sur près d’un demi-siècle, au cours duquel il a su imposer une voix unique, des compositions marquantes et une présence scénique captivante. L’enracinement culturel de Larose était profond. Bien que né à Port-au-Prince, il se définissait comme « fils du Nord » et ses racines s’étendaient à travers des régions comme Jacmel, l’Artibonite et Limbé, reflétant la richesse et la diversité du patrimoine haïtien. Sa carrière débuta dans les années 1970, au sein de formations musicales locales avant de rejoindre des groupes reconnus tels que Shoogar Combo et DP Express, marquant ses premiers succès sur la scène nationale. Mais c’est avec le groupe Missile 727 qu’il connut une notoriété véritablement internationale, enchaînant des tubes devenus cultes comme « Accident », « Mandela », « Jolie Minou » ou encore « Guerre mondiale ». Larose ne se contentait pas d’être un représentant du konpa : il en était un véritable ambassadeur culturel. Ses compositions, souvent teintées de rythmes afro-caribéens et de mélodies influencées par des ballades espagnoles, abordaient des thèmes sociaux et humains, touchant des publics de tous âges. Tout au long de sa carrière, il reçut de nombreuses reconnaissances pour sa contribution à la musique haïtienne. En 2025, il avait été honoré à Montréal, lors d’un hommage public rassemblant artistes et admirateurs, signe de l’impact durable de son œuvre au-delà des frontières nationales. Sur le plan personnel, Larose était un homme de famille dévoué, père de 25 enfants et grand-père de plus de 16 petits-enfants. Sa générosité, sa sagesse et son humanité transparaissaient tant dans sa musique que dans son engagement envers les siens et envers ses nombreux fans. Alors qu’Haïti traverse une période tumultueuse, marquée par des défis politiques et sociaux, la disparition de Dieudonné Larose laisse un vide immense dans le paysage culturel. Son héritage artistique, riche de dizaines d’albums et de prestations légendaires, continuera de vibrer dans les cœurs des mélomanes haïtiens et de la diaspora. Son influence dépasse la musique : il incarnait la persévérance, la créativité et l’amour du pays. Aujourd’hui, Haïti perd non seulement une voix, mais une partie de son identité culturelle. Dieudonné Larose restera à jamais une étoile du konpa, dont la flamme continuera de briller à travers les générations.

Finette Pierre-Luc, quand la foi chante plus fort que la mort

Elle chantait la vie, l’espérance et la foi, mais la maladie a imposé un silence brutal à sa voix. Finette Pierre-Luc, artiste évangélique haïtienne, s’est éteinte le 15 décembre 2025 en République dominicaine, à seulement 34 ans, après un combat éprouvant contre l’anémie falciforme. Sa disparition laisse un vide immense et un héritage spirituel qui dépasse le temps. Finette n’était pas une simple chanteuse. Elle était une âme consacrée, une voix qui apaisait les cœurs fatigués et redonnait souffle à ceux que la vie avait épuisés. À travers ses chants, elle parlait de Dieu comme d’une source vive, d’un refuge sûr au milieu des tempêtes, d’un ami fidèle quand tout semblait perdu. Jusqu’à la veille de son départ, l’espoir persistait. Son entourage appelait encore à la prière, croyant à un miracle possible. Des messages de soutien et de solidarité ont afflué de toutes parts. Mais le destin en a décidé autrement. Finette a quitté la scène terrestre, laissant derrière elle une profonde tristesse et un nourrisson né avant terme, fragile symbole de continuité et d’amour au cœur de l’épreuve. Son départ bouleverse le monde évangélique et la scène musicale chrétienne haïtienne. Pourtant, sa voix ne s’éteint pas. Elle vit dans chaque parole qu’elle a chantée, dans chaque âme qu’elle a touchée, dans chaque prière qu’elle a inspirée. Finette Pierre-Luc s’en va, mais son message demeure. Elle nous rappelle que certaines voix ne meurent jamais : elles se transforment en écho éternel. Dans la douleur de l’absence, il reste la foi qu’elle a semée, la lumière qu’elle a portée et l’espérance qu’elle a laissée en héritage. Repose en paix, Finette. La terre t’a perdue, mais le ciel a gagné une voix.

Finètte Pierre-Luc : la voix évangélique en lutte pour la vie, un appel vibrant aux prières

Finètte Pierre-Luc : la voix évangélique en lutte pour la vie, un appel vibrant aux prières Un souffle de combat, un cœur de foi – L’artiste évangélique Finètte Pierre-Luc traverse l’épreuve la plus difficile de sa vie. Résidant depuis plusieurs années en République dominicaine, elle est actuellement hospitalisée dans un état critique, frappée par une anémie falciforme sévère, aggravée après un accouchement prématuré fin novembre. Depuis plusieurs semaines, elle reçoit des soins intensifs dans un hôpital spécialisé en maternité, luttant avec courage pour chaque souffle. Une lueur d’espoir brille malgré la tempête : son nouveau-né, fragile mais vaillant, a pu quitter l’hôpital et retrouver sa famille, offrant un rayon de lumière au cœur de cette épreuve. Dans un communiqué émouvant, son manager, Luc Ronel, lance un appel vibrant à la communauté et aux croyants : « Prions pour Finètte. Soutenons-la par nos pensées et nos prières. Respectons l’intimité de sa famille. Aucune aide financière n’est demandée. » Chaque pensée, chaque message, chaque prière compte. En ces moments délicats, le soutien moral devient un pilier pour l’artiste et sa famille. RTVHaiti suivra de près son état de santé et informera le public de toute évolution significative. À propos de Finette Pierre‑Luc Nom complet : Finette Pierre‑Luc Origine : Haïti, département de l’Artibonite Profession : Chanteuse évangélique et auteure-compositrice Début de carrière : Dès l’enfance, passionnée par le chant gospel Succès marquants : Jezi, dlo ki bay lavi a (2016) Premier album (2018) Vi mwen nan men’w (2021) Lamantasyon (2023) Style : Musique gospel porteuse d’espérance, de foi et de louange Message central : La musique comme ministère, pour toucher les cœurs et rapprocher les gens de Dieu RTV Haiti souhaite à Finètte Pierre-Luc un rétablissement rapide et complet. Que nos prières et pensées accompagnent sa lutte pour la vie.

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SANTé

Scandale médical : une mineure contaminée au VIH, l’OPC exige des sanctions immédiates

Le soleil tape sur la cour de l’hôpital Nos Petits Frères et Sœurs. Des parents, des enfants, des silhouettes fatiguées attendent sous la chaleur. Rien, absolument rien, dans cette scène ordinaire ne laisse deviner qu’ici, il y a sept ans, la vie d’une enfant a basculé. En 2018, une fillette de 10 ans avait été admise pour un soin banal. Quelques heures plus tard, une transfusion lui était administrée. Ce jour-là, dans une salle froide, un geste censé la sauver a bouleversé son futur. Aujourd’hui, devenue adolescente, elle porte encore les conséquences d’une erreur médicale que l’hôpital a reconnue peu après les faits, sans jamais réellement réparer le tort causé. Une famille brisée dans le silence Dans le quartier où la jeune fille vit toujours, les voisins évoquent une famille discrète, épuisée mais digne. L’un d’eux confie, presque en murmurant : « Sa maman ne parle pas beaucoup… mais on voit que cette histoire leur pèse. Ils ont cherché de l’aide partout. C’est comme s’ils avaient crié longtemps dans un espace où personne ne répondait. » Depuis le drame, la famille a dû apprendre à vivre avec un poids qu’elle n’a jamais choisi : consultations, médicaments, rendez-vous, fatigue, inquiétudes, regards parfois lourds. Tout cela dans un pays où les structures d’accompagnement sont souvent inexistantes. L’OPC brise enfin le mur Sept ans après, l’Office de la Protection du Citoyen (OPC) a décidé d’agir. Dans une lettre ferme adressée au ministère de la Santé publique, le Protecteur du citoyen, Me Jean Wilner Morin, exige des sanctions immédiates et une réparation juste pour la jeune fille et ses proches. Pour lui, ce cas représente bien plus qu’une faute médicale : c’est une atteinte directe à la dignité, aux droits et à l’avenir d’une adolescente qui ne méritait que protection. « Ce n’est pas un accident isolé » Un professionnel du secteur médical, touché mais prudent, lâche : « Dans nos hôpitaux, les équipes font ce qu’elles peuvent… mais parfois, le système laisse passer l’irréparable. Et quand ça arrive, les familles restent seules. ». Cette phrase résume la réalité que l’OPC veut mettre en lumière : les contrôles insuffisants, les mécanismes de suivi défaillants, le manque d’encadrement, et surtout le silence qui entoure ces cas. Dans sa correspondance, l’OPC parle même d’autres situations similaires, étouffées par l’absence d’accompagnement pour les victimes. Une adolescence volée Pour la jeune fille, la vie a pris un tournant que ni elle ni sa famille n’avaient imaginé. Les rêves d’enfant, les ambitions scolaires, l’insouciance… tout cela s’est heurté à une réalité douloureuse. Un proche de la famille raconte : « Ce n’est pas seulement une maladie. C’est le choc, la honte qu’on impose, la peur du lendemain, l’injustice. Elle n’a rien demandé… elle voulait juste guérir. » Dans les couloirs de l’hôpital, le contraste est brutal : les files d’attente, les pas pressés, les pleurs parfois… Et au milieu, l’histoire d’une adolescente qui rappelle ce que peut coûter une seule négligence. Un pays face à un choix moral Ce drame n’est pas un cas isolé, mais il devient un symbole. Un symbole de ce que vit une population qui ne demande que des soins sûrs, respectueux, encadrés. Pour l’OPC, l’heure n’est plus aux excuses. Il faut des sanctions, oui. Mais il faut surtout redonner à cette jeune fille et à toutes les autres victimes possibles la place qu’elles méritent : celle d’êtres humains auxquels l’État doit protection, transparence et justice. Un appel à la conscience collective Ce cas rappelle une vérité sensible : derrière chaque faute médicale se cache une vie, une famille, une histoire. Et derrière chaque silence institutionnel, il y a une souffrance qui s’alourdit. Le drame de Tabarre doit devenir un tournant. Pas seulement pour sanctionner, mais pour reconstruire. Pour que les hôpitaux soient des lieux de guérison, pas des lieux où une simple erreur peut briser une enfance.

Nathacha Rosier : l’infirmière qui transforme des vies et inspire tout un peuple

Dans le Sud d’Haïti, là où les routes s’effacent entre montagnes et ravines, une femme illumine les villages et réinvente la santé avec courage, vision et passion. Nathacha Rosier n’est pas seulement une infirmière diplômée : elle est une force de transformation, une entrepreneure sociale audacieuse, et une leader communautaire engagée. Chaque jour, elle incarne ce que signifie véritablement servir, protéger et inspirer. Depuis ses débuts à Maniche, elle a choisi un chemin rare : mettre la santé et le bien-être au cœur de sa mission, en allant au-delà des murs des institutions, là où les patients sont le plus vulnérables. Diplômée en sciences infirmières en 2020 à l’Université Notre Dame d’Haïti et licenciée par le MSPP en 2021, elle a très vite démontré que la compétence seule ne suffit pas : il faut la passion, l’audace, la créativité et le courage pour transformer une communauté. Une vision audacieuse et un engagement sans faille Nathacha n’attend pas que les solutions viennent des autres. Elle crée, innove et agit. Février 2021 : Elle fonde Miss Nathou Resto, promouvant une alimentation saine, naturelle et accessible. Août 2021 : Après le séisme, elle organise la cuisson et la distribution de repas pour les familles sinistrées, apportant soutien et espoir en temps de crise. Décembre 2021 : Elle rejoint le centre de santé de Maniche, développant des programmes de prévention et de dépistage, touchant des centaines de femmes et d’hommes. Cette capacité à anticiper, innover et agir est l’une des qualités majeures qui fait d’elle une entrepreneure à succès : vision claire, leadership, audace et persévérance. Une clinique mobile, un pont vers l’espoir En août 2024, elle transforme son rêve en réalité : sa propre clinique à domicile, sillonnant les villages les plus reculés de Maniche, Camp Périn, Guilgo, Coraux, Saint-Louis, Cavaillon et Bananier. Depuis, elle a soigné près de 200 patients, franchissant ravines et chemins impraticables, chaque trajet étant un acte de courage, chaque geste posé un acte d’humanité. Chaque vie sauvée est un trophée, chaque sourire retrouvé un triomphe sur l’adversité. Les familles pleines de gratitude témoignent que Nathacha ne sauve pas seulement des corps, mais redonne la confiance et la dignité. Leadership et impact durable Pour amplifier son action, Nathacha fonde en juin 2025 l’OPSED’S (Organisation des Professionnels Sanitaires Engagés pour le Développement du Sud). Cette initiative fédère les professionnels de santé autour d’un objectif clair : protéger, éduquer et renforcer la communauté. Juillet 2025 : Formation de plus de 100 habitants aux gestes de premiers secours. Août 2025 : Organisation d’une clinique mobile gratuite, offrant des soins primaires à tous. Ces réalisations témoignent de son esprit stratégique, de sa discipline et de sa capacité à mobiliser et inspirer. Elle combine la vision d’une leader, le courage d’une aventurière et la sensibilité d’une humaniste. Un modèle universel d’excellence Nathacha Rosier est bien plus qu’une infirmière : elle est un exemple vivant de ce qu’une entrepreneure, un leader et une humaniste peuvent accomplir. Elle allie : -Vision et audace pour créer des solutions innovantes. -Persévérance et résilience face aux obstacles. -Leadership et capacité à inspirer ceux qui l’entourent. -Compassion et humanité pour transformer chaque vie en victoire. Elle milite pour un hôpital digne à Maniche, capable de traiter tous les patients, prouvant que la santé est un droit, pas un privilège. Ine source d’inspiration mondiale Aujourd’hui, Nathacha Rosier est un phare pour sa communauté, un modèle d’entrepreneuriat social et un exemple universel de courage et de détermination. Chaque patient soigné, chaque vie sauvée et chaque sourire retrouvé est la preuve qu’un seul individu, guidé par la passion, le service et l’excellence, peut transformer une région entière et inspirer le monde entier.

Haïti : alerte sanitaire après le passage de l’ouragan Melissa

Lors de la 28ᵉ édition des #MardisDeLaNation, le Gouvernement à travers son ministre de la santé, Dr Sinal BERTRAND a présenté les mesures mises en œuvre pour contenir cette crise sanitaire. L’accent est mis sur la prévention, la protection des populations vulnérables et la réhabilitation rapide des infrastructures de santé endommagées. Parmi les actions prioritaires : -Assistance immédiate aux populations sinistrées et soutien aux structures sanitaires affectées ; -Campagnes de sensibilisation et prévention, avec un message clair sur l’importance de l’eau potable, de l’hygiène personnelle et de la sécurité alimentaire ; -Opérations d’assainissement et distribution de kits d’hygiène dans les communautés les plus exposées ; -Surveillance sanitaire renforcée, permettant une réaction rapide face aux nouveaux cas et une coordination étroite avec les partenaires locaux et internationaux ; -Mobilisation des équipes médicales pour garantir la prise en charge des malades et la mise en place de centres de traitement temporaires si nécessaire. Le Gouvernement appelle toutes les communautés à rester vigilantes et à coopérer pleinement pour limiter la propagation des maladies. La population est invitée à respecter les mesures d’hygiène, à privilégier l’eau traitée ou bouillie et à signaler toute situation suspecte aux autorités sanitaires. Face à ces défis post-catastrophe, la prévention et la réactivité restent les armes essentielles pour protéger la santé publique et éviter que la situation ne se transforme en crise majeure.

Automédication en Haïti : une bombe silencieuse dans les foyers

Dans une petite pharmacie de Carrefour, une mère tend un billet de 500 gourdes au comptoir. Sans ordonnance, elle repart avec des antibiotiques pour “faire passer la fièvre” de son fils. Ce geste anodin, répété chaque jour dans les quatre coins du pays, illustre un danger invisible : l’automédication, une pratique devenue aussi courante que risquée En Haïti, se soigner soi-même sans avis médical est presque une norme. Pourtant, selon les experts, cette habitude pourrait à long terme affaiblir tout le système de santé. Pour en parler, Radio Télé Voix d’Haïti s’est entretenue avec le Dr André-Louis Bernard, médecin généraliste, professeur d’université et spécialiste en santé publique, formé à Cuba et en Suisse. Qu’est-ce que l’automédication ? Maxime Daniel Etienne (Journaliste) : Docteur Bernard, que signifie exactement “automédication” ? Dr André-Louis Bernard : “L’automédication, c’est le fait de se soigner soi-même sans consulter un professionnel. Cela inclut l’usage de médicaments achetés sans ordonnance, de restes de traitements ou de remèdes traditionnels. Cela peut sembler pratique, mais c’est une habitude dangereuse, surtout lorsqu’elle devient systématique.” « L’automédication n’est pas une solution, c’est une bombe à retardement sanitaire. » Dr Bernard Maxime Daniel Etienne : Quelles sont les principales causes de ce phénomène ? Dr André-Louis Bernard : “Il y en a plusieurs. D’abord, l’accès difficile aux soins : les hôpitaux sont souvent saturés ou trop éloignés. Ensuite, le coût élevé des consultations pousse beaucoup de familles à chercher des alternatives. À cela s’ajoute la facilité d’accès aux médicaments certaines pharmacies vendent sans ordonnance et la tradition des remèdes maison.” Un autre facteur majeur demeure le manque de sensibilisation. Selon une étude menée en 2023 par la Faculté de Médecine de l’Université d’État d’Haïti, plus de 65 % des Haïtiens reconnaissent avoir déjà pris des médicaments sans avis médical. « L’automédication n’est pas un choix individuel. C’est un problème collectif qui menace la santé publique. » Dr Bernard Des risques graves, souvent ignorés Les conséquences de l’automédication sont multiples et parfois irréversibles : Retard de diagnostic : certaines maladies graves passent inaperçues. Surdosage ou intoxication : les anti-inflammatoires et le paracétamol peuvent endommager le foie et les reins. Résistance bactérienne : l’usage abusif d’antibiotiques rend les infections plus difficiles à traiter. Effets secondaires imprévus : allergies, troubles digestifs, hémorragies, voire hospitalisations. Cas concret : “Un adolescent a pris plusieurs antibiotiques pour une fièvre. En réalité, il souffrait d’une infection pulmonaire sévère. Il a été hospitalisé d’urgence et heureusement sauvé, mais cette erreur aurait pu lui coûter la vie.” Dr Bernard Remèdes traditionnels : entre culture et confusion En Haïti, les plantes médicinales occupent une place historique dans les foyers. Si certaines ont des vertus reconnues, leur usage incontrôlé peut s’avérer dangereux. « Les plantes peuvent soulager certains symptômes, mais elles ne remplacent pas un diagnostic médical. Mal utilisées, elles peuvent aggraver l’état du patient. » Dr Bernard Les pharmacies, quant à elles, jouent parfois un rôle ambigu : la vente sans contrôle de médicaments favorise une spirale de dépendance et de faux traitements. Comment réduire ce fléau ? Le Dr Bernard propose plusieurs pistes de solution : 1. Consulter un médecin dès que les symptômes persistent. 2. Éviter l’usage d’antibiotiques sans prescription. 3. Respecter les doses indiquées sur les ordonnances. 4. Renforcer la régulation du secteur pharmaceutique. 5. Multiplier les campagnes de sensibilisation dans les écoles, médias et églises. « La prévention est la meilleure médecine. Informer, c’est déjà soigner. » Dr Bernard Une urgence de santé publique Au-delà des comportements individuels, l’automédication révèle une crise structurelle du système de santé haïtien : hôpitaux sous-équipés, absence de politique nationale sur le médicament, et vide réglementaire permettant la vente libre de produits potentiellement dangereux. « Tant que les médicaments se vendront comme du pain, la santé publique haïtienne restera en sursis. » Dr André-Louis Bernard Conclusion L’automédication en Haïti est plus qu’un réflexe populaire : c’est une bombe silencieuse qui fragilise les familles et compromet les efforts médicaux. Face à ce constat, la solution passe par l’éducation sanitaire, la régulation stricte et la responsabilité collective. Chaque comprimé pris sans avis médical est un pari risqué sur la santé un pari que trop de foyers haïtiens continuent malheureusement de perdre.

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Politique

Pierre Espérance ou le monopole de l’indignation

Il dénonce tout. Il accuse souvent. Il tranche toujours. Mais depuis le 12 janvier 2026, une question embarrassante s’invite dans le débat public haïtien : Pierre Espérance accepte-t-il pour lui-même les exigences morales qu’il impose aux autres ? Une pétition citoyenne, massivement relayée, vient fissurer l’image d’un homme et d’une parole longtemps présentés comme intouchables. En Haïti, la morale a ses propriétaires. Elle a ses porte-parole attitrés, ses experts autoproclamés, ses procureurs permanents. Pierre Espérance, directeur exécutif du RNDDH, en est l’un des plus bruyants représentants. Depuis des années, il parle fort, très fort. Si fort que sa voix a fini par couvrir toute tentative de contradiction. À force de dénoncer tout le monde, il a fini par oublier une règle élémentaire : nul ne dénonce éternellement sans être un jour dénoncé à son tour. La pétition lancée sur Change.org plus de 5 400 signatures à ce jour n’est ni un complot ni une cabale. C’est un ras-le-bol organisé. Une interpellation populaire. Ses initiateurs accusent Pierre Espérance d’avoir, selon eux, confisqué la mission du RNDDH, transformant une organisation de défense des droits humains en outil personnel d’influence morale, politique et médiatique. Dans leur récit, les rapports ne seraient plus des instruments d’analyse, mais des armes narratives. Les accusations, des sentences prémâchées. La nuance, une variable inutile. Le contradictoire, un luxe superflu. Ironie mordante : au nom des droits humains, on reproche aujourd’hui à leur plus zélé défenseur d’avoir monopolisé la vérité. Car Pierre Espérance ne se contente pas d’alerter. Il désigne, classe, condamne symboliquement. Et dans un pays où les rapports d’ONG pèsent sur la diplomatie, les financements et les réputations internationales, cette parole n’est jamais neutre. Elle tue parfois plus sûrement qu’un jugement. D’où cette question, désormais posée publiquement et sans détour : qui a donné à Pierre Espérance le monopole de l’indignation légitime ? La pétition ne réclame pas son bannissement. Elle réclame quelque chose de bien plus subversif en Haïti : la transparence. Une enquête indépendante. Un regard extérieur. En clair, que le contrôleur accepte enfin d’être contrôlé. Et c’est précisément là que le malaise devient politique. Car les défenseurs professionnels de la morale supportent mal qu’on leur applique leurs propres standards. Ils dénoncent l’opacité, mais refusent la lumière. Ils exigent des comptes, mais se croient hors d’atteinte. Pierre Espérance est juridiquement présumé innocent. Mais moralement, il est désormais contesté. Et dans une démocratie, être contesté n’est pas une injustice c’est une obligation. Le vrai danger n’est pas qu’une pétition accuse Pierre Espérance. Le vrai danger serait qu’aucune institution n’ose y répondre. En Haïti, trop de figures publiques vivent de la dénonciation sans jamais accepter la reddition de comptes. Trop de consciences autoproclamées confondent autorité morale et immunité permanente. Les droits humains ne sont pas un fonds de commerce. Ils ne sont pas un mégaphone personnel. Ils ne sont pas une rente symbolique. Si Pierre Espérance croit à la vérité, qu’il la laisse l’examiner. S’il croit à la justice, qu’il s’y soumette. S’il croit aux droits humains, qu’il commence par respecter le droit fondamental du peuple : questionner ceux qui parlent en son nom.Car quand les gardiens de la morale refusent d’ouvrir la porte, ce n’est pas la justice qui s’effondre. C’est leur imposture qui apparaît.

Date : 20-Jan-2026
Auteur : Maxime Daniel ETIENNE
Éditorial

La Constitution piétinée par le CPT : Haïti muselée, la presse en ligne de mire

Un décret qui trahit la loi fondamentale Le 31 décembre 2025, alors que le pays croule sous l’insécurité, la famine et l’effondrement des services publics, le Conseil présidentiel de transition (CPT) publie un décret prétendument « encadrant la liberté d’expression ». Derrière le vernis juridique, la Constitution est foulée aux pieds, la critique est criminalisée, et la presse devient la cible d’un pouvoir qui préfère la peur à la transparence. « Pendant que Haïti crie famine et désespoir, le CPT transforme la parole en délit et la vérité en menace. » Délit de presse : le mot devient un crime Le décret assimile la critique journalistique à un crime, avec des sanctions allant de lourdes amendes à la prison et aux travaux forcés. La protection des sources journalistiques est absente, laissant les reporters exposés à la répression. La définition de la « diffamation » est volontairement floue, permettant une interprétation arbitraire de toute critique. Ce décret viole directement l’article 28 de la Constitution, qui garantit la liberté d’expression, la critique citoyenne et le droit d’informer. « Chaque mot devient un piège, chaque critique un crime, et la Constitution observe, impuissante, ce massacre légal orchestré par le CPT. » Timing et stratégie : un coup politique Alors que Haïti traverse une crise humanitaire et sécuritaire sans précédent, le CPT choisit de museler la presse plutôt que de protéger la population. Ce texte opportuniste détourne l’attention des véritables urgences et transforme la critique en bouc émissaire pour masquer l’échec de l’État. « Le CPT croit imposer la peur ; il sculpte en réalité la colère et le réveil du peuple. » Analyse politique et juridique Ce décret n’est pas seulement une loi : c’est un instrument de contrôle politique et d’intimidation. Neutralisation du contre-pouvoir : la presse critique est la dernière ligne de résistance face à l’arbitraire. Intimidation et autocensure : chaque journaliste se détournera de la critique par peur de sanctions. Manipulation de l’opinion : le texte permet de contrôler le narratif public et de protéger les acteurs corrompus. Violation de la Constitution : l’article 28 est piétiné, la démocratie est attaquée. « Ce n’est pas un décret, c’est un marteau sur la Constitution et la parole du peuple. » 10 Questions au CPT 1. Pourquoi museler la presse au lieu de répondre aux crises humanitaires et sécuritaires qui saignent Haïti ? 2. Ce décret est-il une stratégie pour neutraliser toute critique avant les élections et protéger les corrompus ? 3. Comment justifiez-vous la prison pour la parole alors que l’article 28 garantit la liberté d’expression ? 4. Qui bénéficie réellement de ce décret : la population ou ceux qui craignent d’être dénoncés ? 5. N’est-ce pas une manœuvre pour transformer Haïti en territoire muet où seul le CPT dicte les mots ? 6. Pourquoi ce décret ne prévoit-il aucune protection pour les sources journalistiques, alors que c’est la norme internationale ? 7. Comment une instance temporaire de transition peut-elle imposer des restrictions qui violent la Constitution et menacent la démocratie ? 8. Ce décret est-il une tentative de criminaliser toute contestation future plutôt que de réguler la presse ? 9. Pourquoi choisir ce moment précis, alors que le pays est au bord du chaos, pour attaquer la liberté d’expression ? 10. Est-ce que le CPT reconnaît que piétiner la Constitution pour museler la presse est un dangereux précédent pour l’État de droit ? « Le CPT croit imposer la peur ; il ne fait que réveiller la colère d’un peuple qui ne se laissera jamais faire. » Appel à la résistance Ce décret n’est pas une loi : c’est un couteau juridique planté dans le cœur de la démocratie haïtienne. La presse, les médias et la société civile doivent se lever, s’unir et résister. La liberté d’informer et de critiquer est non négociable. « Journalistes, médias, citoyens : informez, résistez, défendez la Constitution ! Haïti ne se tait pas et ne se soumettra jamais à la peur ! »

Date : 20-Jan-2026
Auteur : Maxime Daniel ETIENNE
Société

Haïti : la policière Blot Tonia, arrestation et accouchement en détention

La policière haïtienne Blot Tonia est au centre d’une affaire qui mêle drame familial, responsabilité professionnelle et droits des détenues. Arrestée pour avoir mortellement blessé son mari lors d’une dispute conjugale, elle a récemment donné naissance à une fille en détention, dans des conditions jugées inadaptées. Cette situation relance le débat sur la protection des droits humains et la prise en charge des femmes détenues en Haïti. Raisons de l’arrestation Blot Tonia a été arrêtée après avoir mortellement blessé son mari lors d’une dispute à domicile, selon les médias locaux. Après l’incident, elle a été placée en détention dans le cadre d’une enquête pénale pour homicide et manquement à ses obligations professionnelles. Détention et accouchement Alors qu’elle était en détention, Blot Tonia a donné naissance à une fille. Les conditions de détention ont été jugées inadéquates pour accueillir une mère et un nouveau-né, soulevant des préoccupations sur la protection des droits humains et des droits de l’enfant. Une action judiciaire a été engagée pour garantir que la mère et son enfant bénéficient de soins appropriés et d’un environnement sécurisé. Contexte général En Haïti, les policiers détenus sont soumis aux mêmes règles que les civils, mais peuvent être placés dans des sections séparées pour des raisons de sécurité. Les infrastructures carcérales restent souvent surchargées et limitées, compliquant la prise en charge des détenues enceintes ou en post-partum. L’affaire illustre les défis de la justice et de la police haïtienne, tout en rappelant l’importance de garantir le respect des droits fondamentaux. Enjeux pour les droits humains Cette situation met en lumière plusieurs problématiques : La protection des droits des détenus et de leurs enfants. La conformité des conditions de détention aux standards minimaux de santé et de sécurité. La responsabilité professionnelle des forces de l’ordre lorsqu’elles sont impliquées dans des actes criminels. L’affaire de Blot Tonia rappelle que la justice doit s’appliquer de manière équitable, même aux membres des forces de l’ordre, tout en veillant à la protection des plus vulnérables. Le suivi de cette situation sera déterminant pour garantir le respect des droits humains en détention et pour montrer que la loi s’applique à tous, sans exception.

Date : 20-Jan-2026
Auteur : Maxime Daniel ETIENNE
Politique

Lancement des travaux de réhabilitation de la RN3 : un chantier stratégique pour le Grand Nord

Le département du Nord a franchi une étape majeure dans le renforcement de ses infrastructures routières. Le mardi 13 janvier 2026, le Président du Conseil Présidentiel de Transition (CPT), Son Excellence Monsieur Laurent Saint-Cyr, a officiellement lancé les travaux de réhabilitation du tronçon Hinche–Saint-Raphaël de la Route Nationale numéro 3 (RN3), ainsi que les travaux de contournement de la ville de Saint-Raphaël. Cette initiative s’inscrit dans une vision globale de modernisation du réseau routier national et de relance économique du Grand Nord. La cérémonie s’est tenue en présence du Premier ministre, Monsieur Alix Didier Fils-Aimé, de plusieurs membres du gouvernement, de représentants du corps diplomatique et consulaire, notamment l’Ambassadrice de l’Union européenne en Haïti, Madame Hélène Roos, ainsi que des ambassadeurs d’Espagne et de France. Les autorités locales, des responsables d’institutions publiques, des partenaires techniques et financiers, ainsi que l’entreprise V & F Construction, chargée de la réalisation des ouvrages d’art, ont également pris part à l’événement. Financés avec l’appui de l’Union européenne, ces travaux constituent un levier stratégique pour améliorer la mobilité, désenclaver durablement les territoires et faciliter les échanges commerciaux entre les différentes régions du pays. Selon les autorités, la réhabilitation de ce tronçon permettra de réduire d’environ soixante kilomètres la distance par rapport à la RN1, offrant ainsi des gains significatifs en temps de trajet, en coûts de transport et en sécurité routière pour les populations locales. Lors de son intervention, le Président Laurent Saint-Cyr a rappelé que le Grand Nord représente une zone stratégique pour le développement national. Il a souligné que l’investissement dans les routes structurantes est essentiel pour assurer la stabilité, stimuler l’économie régionale et renforcer la cohésion territoriale. Il a également salué la solidité du partenariat entre Haïti et l’Union européenne, fondé sur la confiance mutuelle et une vision partagée du développement durable. Au-delà de l’impact économique, la modernisation du réseau routier national revêt également une dimension institutionnelle et démocratique. Le Président du CPT a insisté sur le rôle clé de ces infrastructures dans la préparation des prochaines élections, en facilitant le déploiement du matériel électoral, la mobilité des électeurs et la présence effective de l’État sur l’ensemble du territoire. En conclusion, le Chef de l’État a appelé à l’unité, à la mobilisation et à la responsabilité collective afin d’assurer la réussite de ces travaux. Pour lui, investir dans les infrastructures, c’est investir dans la dignité, l’espoir et l’avenir des communautés haïtiennes, tout en posant les bases d’un développement plus équilibré et durable.

Date : 17-Jan-2026
Auteur : Paul Markenley AUGUSTIN

A LA UNE

La Constitution piétinée par le CPT : Haïti muselée, la presse en ligne de mire

Un décret qui trahit la loi fondamentale Le 31 décembre 2025, alors que le pays croule sous l’insécurité, la famine et l’effondrement des services publics, le Conseil présidentiel de transition (CPT) publie un décret prétendument « encadrant la liberté d’expression ». Derrière le vernis juridique, la Constitution est foulée aux pieds, la critique est criminalisée, et la presse devient la cible d’un pouvoir qui préfère la peur à la transparence. « Pendant que Haïti crie famine et désespoir, le CPT transforme la parole en délit et la vérité en menace. » Délit de presse : le mot devient un crime Le décret assimile la critique journalistique à un crime, avec des sanctions allant de lourdes amendes à la prison et aux travaux forcés. La protection des sources journalistiques est absente, laissant les reporters exposés à la répression. La définition de la « diffamation » est volontairement floue, permettant une interprétation arbitraire de toute critique. Ce décret viole directement l’article 28 de la Constitution, qui garantit la liberté d’expression, la critique citoyenne et le droit d’informer. « Chaque mot devient un piège, chaque critique un crime, et la Constitution observe, impuissante, ce massacre légal orchestré par le CPT. » Timing et stratégie : un coup politique Alors que Haïti traverse une crise humanitaire et sécuritaire sans précédent, le CPT choisit de museler la presse plutôt que de protéger la population. Ce texte opportuniste détourne l’attention des véritables urgences et transforme la critique en bouc émissaire pour masquer l’échec de l’État. « Le CPT croit imposer la peur ; il sculpte en réalité la colère et le réveil du peuple. » Analyse politique et juridique Ce décret n’est pas seulement une loi : c’est un instrument de contrôle politique et d’intimidation. Neutralisation du contre-pouvoir : la presse critique est la dernière ligne de résistance face à l’arbitraire. Intimidation et autocensure : chaque journaliste se détournera de la critique par peur de sanctions. Manipulation de l’opinion : le texte permet de contrôler le narratif public et de protéger les acteurs corrompus. Violation de la Constitution : l’article 28 est piétiné, la démocratie est attaquée. « Ce n’est pas un décret, c’est un marteau sur la Constitution et la parole du peuple. » 10 Questions au CPT 1. Pourquoi museler la presse au lieu de répondre aux crises humanitaires et sécuritaires qui saignent Haïti ? 2. Ce décret est-il une stratégie pour neutraliser toute critique avant les élections et protéger les corrompus ? 3. Comment justifiez-vous la prison pour la parole alors que l’article 28 garantit la liberté d’expression ? 4. Qui bénéficie réellement de ce décret : la population ou ceux qui craignent d’être dénoncés ? 5. N’est-ce pas une manœuvre pour transformer Haïti en territoire muet où seul le CPT dicte les mots ? 6. Pourquoi ce décret ne prévoit-il aucune protection pour les sources journalistiques, alors que c’est la norme internationale ? 7. Comment une instance temporaire de transition peut-elle imposer des restrictions qui violent la Constitution et menacent la démocratie ? 8. Ce décret est-il une tentative de criminaliser toute contestation future plutôt que de réguler la presse ? 9. Pourquoi choisir ce moment précis, alors que le pays est au bord du chaos, pour attaquer la liberté d’expression ? 10. Est-ce que le CPT reconnaît que piétiner la Constitution pour museler la presse est un dangereux précédent pour l’État de droit ? « Le CPT croit imposer la peur ; il ne fait que réveiller la colère d’un peuple qui ne se laissera jamais faire. » Appel à la résistance Ce décret n’est pas une loi : c’est un couteau juridique planté dans le cœur de la démocratie haïtienne. La presse, les médias et la société civile doivent se lever, s’unir et résister. La liberté d’informer et de critiquer est non négociable. « Journalistes, médias, citoyens : informez, résistez, défendez la Constitution ! Haïti ne se tait pas et ne se soumettra jamais à la peur ! »

Haïti : la policière Blot Tonia, arrestation et accouchement en détention

La policière haïtienne Blot Tonia est au centre d’une affaire qui mêle drame familial, responsabilité professionnelle et droits des détenues. Arrestée pour avoir mortellement blessé son mari lors d’une dispute conjugale, elle a récemment donné naissance à une fille en détention, dans des conditions jugées inadaptées. Cette situation relance le débat sur la protection des droits humains et la prise en charge des femmes détenues en Haïti. Raisons de l’arrestation Blot Tonia a été arrêtée après avoir mortellement blessé son mari lors d’une dispute à domicile, selon les médias locaux. Après l’incident, elle a été placée en détention dans le cadre d’une enquête pénale pour homicide et manquement à ses obligations professionnelles. Détention et accouchement Alors qu’elle était en détention, Blot Tonia a donné naissance à une fille. Les conditions de détention ont été jugées inadéquates pour accueillir une mère et un nouveau-né, soulevant des préoccupations sur la protection des droits humains et des droits de l’enfant. Une action judiciaire a été engagée pour garantir que la mère et son enfant bénéficient de soins appropriés et d’un environnement sécurisé. Contexte général En Haïti, les policiers détenus sont soumis aux mêmes règles que les civils, mais peuvent être placés dans des sections séparées pour des raisons de sécurité. Les infrastructures carcérales restent souvent surchargées et limitées, compliquant la prise en charge des détenues enceintes ou en post-partum. L’affaire illustre les défis de la justice et de la police haïtienne, tout en rappelant l’importance de garantir le respect des droits fondamentaux. Enjeux pour les droits humains Cette situation met en lumière plusieurs problématiques : La protection des droits des détenus et de leurs enfants. La conformité des conditions de détention aux standards minimaux de santé et de sécurité. La responsabilité professionnelle des forces de l’ordre lorsqu’elles sont impliquées dans des actes criminels. L’affaire de Blot Tonia rappelle que la justice doit s’appliquer de manière équitable, même aux membres des forces de l’ordre, tout en veillant à la protection des plus vulnérables. Le suivi de cette situation sera déterminant pour garantir le respect des droits humains en détention et pour montrer que la loi s’applique à tous, sans exception.

Lancement des travaux de réhabilitation de la RN3 : un chantier stratégique pour le Grand Nord

Le département du Nord a franchi une étape majeure dans le renforcement de ses infrastructures routières. Le mardi 13 janvier 2026, le Président du Conseil Présidentiel de Transition (CPT), Son Excellence Monsieur Laurent Saint-Cyr, a officiellement lancé les travaux de réhabilitation du tronçon Hinche–Saint-Raphaël de la Route Nationale numéro 3 (RN3), ainsi que les travaux de contournement de la ville de Saint-Raphaël. Cette initiative s’inscrit dans une vision globale de modernisation du réseau routier national et de relance économique du Grand Nord. La cérémonie s’est tenue en présence du Premier ministre, Monsieur Alix Didier Fils-Aimé, de plusieurs membres du gouvernement, de représentants du corps diplomatique et consulaire, notamment l’Ambassadrice de l’Union européenne en Haïti, Madame Hélène Roos, ainsi que des ambassadeurs d’Espagne et de France. Les autorités locales, des responsables d’institutions publiques, des partenaires techniques et financiers, ainsi que l’entreprise V & F Construction, chargée de la réalisation des ouvrages d’art, ont également pris part à l’événement. Financés avec l’appui de l’Union européenne, ces travaux constituent un levier stratégique pour améliorer la mobilité, désenclaver durablement les territoires et faciliter les échanges commerciaux entre les différentes régions du pays. Selon les autorités, la réhabilitation de ce tronçon permettra de réduire d’environ soixante kilomètres la distance par rapport à la RN1, offrant ainsi des gains significatifs en temps de trajet, en coûts de transport et en sécurité routière pour les populations locales. Lors de son intervention, le Président Laurent Saint-Cyr a rappelé que le Grand Nord représente une zone stratégique pour le développement national. Il a souligné que l’investissement dans les routes structurantes est essentiel pour assurer la stabilité, stimuler l’économie régionale et renforcer la cohésion territoriale. Il a également salué la solidité du partenariat entre Haïti et l’Union européenne, fondé sur la confiance mutuelle et une vision partagée du développement durable. Au-delà de l’impact économique, la modernisation du réseau routier national revêt également une dimension institutionnelle et démocratique. Le Président du CPT a insisté sur le rôle clé de ces infrastructures dans la préparation des prochaines élections, en facilitant le déploiement du matériel électoral, la mobilité des électeurs et la présence effective de l’État sur l’ensemble du territoire. En conclusion, le Chef de l’État a appelé à l’unité, à la mobilisation et à la responsabilité collective afin d’assurer la réussite de ces travaux. Pour lui, investir dans les infrastructures, c’est investir dans la dignité, l’espoir et l’avenir des communautés haïtiennes, tout en posant les bases d’un développement plus équilibré et durable.

Haïti renforce la gouvernance universitaire avec l’installation du Conseil de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique

Le Conseil Présidentiel de Transition (CPT) a procédé, le mercredi 14 janvier 2026, à l’installation officielle des membres du Conseil de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, marquant une étape importante dans la restructuration du système universitaire haïtien. La cérémonie s’est déroulée à la Villa d’Accueil, en présence du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, de plusieurs membres du Gouvernement, ainsi que de représentants du corps diplomatique et consulaire. Dans un contexte national marqué par de profondes crises institutionnelles, sécuritaires et sociales, cet acte revêt une forte portée symbolique. Il traduit la volonté des autorités de transition de repositionner l’éducation supérieure et la recherche scientifique comme des piliers essentiels du développement national et de la reconstruction de l’État. Prenant la parole, le président du CPT, Laurent Saint-Cyr, a souligné que la mise en place de cette instance s’inscrit dans une dynamique de réforme et de modernisation du secteur. Il a rappelé que l’Agence nationale de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique (ANESRS) incarne un engagement clair de l’État en faveur d’une formation de qualité, reconnue tant au niveau national qu’international. L’objectif affiché est de garantir aux jeunes Haïtiens des diplômes crédibles, porteurs d’opportunités réelles d’insertion professionnelle et de mobilité académique. Le chef de l’État de transition a insisté sur un enjeu central : la reconnaissance et le rayonnement des diplômes haïtiens, longtemps fragilisés par l’absence de régulation efficace, la prolifération d’institutions non conformes et le manque de standards académiques harmonisés. Pour les autorités, renforcer la crédibilité du système universitaire est une condition indispensable pour permettre à la jeunesse haïtienne d’accéder à l’excellence et de s’intégrer dans l’espace scientifique international. Le coordonnateur du CPT a, pour sa part, rappelé que ce choix stratégique traduit une vision de développement fondée sur l’intelligence, la science et l’innovation. Il a appelé les membres du Conseil nouvellement installés à assumer pleinement leur rôle de garants de la qualité académique, dans un pays où l’investissement dans le savoir demeure l’un des leviers les plus sûrs de progrès économique et social. Le Conseil est désormais composé de personnalités reconnues du monde universitaire et scientifique, dont le Dr Hérold Toussaint (président), le Dr Jean Fénol Métellus (vice-président) et le Dr Jacques Abraham, Haut-Commissaire à l’Enseignement supérieur et à la Recherche scientifique. Leur mission s’annonce déterminante à un moment où Haïti cherche à reconstruire ses institutions sur des bases plus solides, durables et crédibles.

POLITIQUE

Pierre Espérance ou le monopole de l’indignation

Il dénonce tout. Il accuse souvent. Il tranche toujours. Mais depuis le 12 janvier 2026, une question embarrassante s’invite dans le débat public haïtien : Pierre Espérance accepte-t-il pour lui-même les exigences morales qu’il impose aux autres ? Une pétition citoyenne, massivement relayée, vient fissurer l’image d’un homme et d’une parole longtemps présentés comme intouchables. En Haïti, la morale a ses propriétaires. Elle a ses porte-parole attitrés, ses experts autoproclamés, ses procureurs permanents. Pierre Espérance, directeur exécutif du RNDDH, en est l’un des plus bruyants représentants. Depuis des années, il parle fort, très fort. Si fort que sa voix a fini par couvrir toute tentative de contradiction. À force de dénoncer tout le monde, il a fini par oublier une règle élémentaire : nul ne dénonce éternellement sans être un jour dénoncé à son tour. La pétition lancée sur Change.org plus de 5 400 signatures à ce jour n’est ni un complot ni une cabale. C’est un ras-le-bol organisé. Une interpellation populaire. Ses initiateurs accusent Pierre Espérance d’avoir, selon eux, confisqué la mission du RNDDH, transformant une organisation de défense des droits humains en outil personnel d’influence morale, politique et médiatique. Dans leur récit, les rapports ne seraient plus des instruments d’analyse, mais des armes narratives. Les accusations, des sentences prémâchées. La nuance, une variable inutile. Le contradictoire, un luxe superflu. Ironie mordante : au nom des droits humains, on reproche aujourd’hui à leur plus zélé défenseur d’avoir monopolisé la vérité. Car Pierre Espérance ne se contente pas d’alerter. Il désigne, classe, condamne symboliquement. Et dans un pays où les rapports d’ONG pèsent sur la diplomatie, les financements et les réputations internationales, cette parole n’est jamais neutre. Elle tue parfois plus sûrement qu’un jugement. D’où cette question, désormais posée publiquement et sans détour : qui a donné à Pierre Espérance le monopole de l’indignation légitime ? La pétition ne réclame pas son bannissement. Elle réclame quelque chose de bien plus subversif en Haïti : la transparence. Une enquête indépendante. Un regard extérieur. En clair, que le contrôleur accepte enfin d’être contrôlé. Et c’est précisément là que le malaise devient politique. Car les défenseurs professionnels de la morale supportent mal qu’on leur applique leurs propres standards. Ils dénoncent l’opacité, mais refusent la lumière. Ils exigent des comptes, mais se croient hors d’atteinte. Pierre Espérance est juridiquement présumé innocent. Mais moralement, il est désormais contesté. Et dans une démocratie, être contesté n’est pas une injustice c’est une obligation. Le vrai danger n’est pas qu’une pétition accuse Pierre Espérance. Le vrai danger serait qu’aucune institution n’ose y répondre. En Haïti, trop de figures publiques vivent de la dénonciation sans jamais accepter la reddition de comptes. Trop de consciences autoproclamées confondent autorité morale et immunité permanente. Les droits humains ne sont pas un fonds de commerce. Ils ne sont pas un mégaphone personnel. Ils ne sont pas une rente symbolique. Si Pierre Espérance croit à la vérité, qu’il la laisse l’examiner. S’il croit à la justice, qu’il s’y soumette. S’il croit aux droits humains, qu’il commence par respecter le droit fondamental du peuple : questionner ceux qui parlent en son nom.Car quand les gardiens de la morale refusent d’ouvrir la porte, ce n’est pas la justice qui s’effondre. C’est leur imposture qui apparaît.

Lancement des travaux de réhabilitation de la RN3 : un chantier stratégique pour le Grand Nord

Le département du Nord a franchi une étape majeure dans le renforcement de ses infrastructures routières. Le mardi 13 janvier 2026, le Président du Conseil Présidentiel de Transition (CPT), Son Excellence Monsieur Laurent Saint-Cyr, a officiellement lancé les travaux de réhabilitation du tronçon Hinche–Saint-Raphaël de la Route Nationale numéro 3 (RN3), ainsi que les travaux de contournement de la ville de Saint-Raphaël. Cette initiative s’inscrit dans une vision globale de modernisation du réseau routier national et de relance économique du Grand Nord. La cérémonie s’est tenue en présence du Premier ministre, Monsieur Alix Didier Fils-Aimé, de plusieurs membres du gouvernement, de représentants du corps diplomatique et consulaire, notamment l’Ambassadrice de l’Union européenne en Haïti, Madame Hélène Roos, ainsi que des ambassadeurs d’Espagne et de France. Les autorités locales, des responsables d’institutions publiques, des partenaires techniques et financiers, ainsi que l’entreprise V & F Construction, chargée de la réalisation des ouvrages d’art, ont également pris part à l’événement. Financés avec l’appui de l’Union européenne, ces travaux constituent un levier stratégique pour améliorer la mobilité, désenclaver durablement les territoires et faciliter les échanges commerciaux entre les différentes régions du pays. Selon les autorités, la réhabilitation de ce tronçon permettra de réduire d’environ soixante kilomètres la distance par rapport à la RN1, offrant ainsi des gains significatifs en temps de trajet, en coûts de transport et en sécurité routière pour les populations locales. Lors de son intervention, le Président Laurent Saint-Cyr a rappelé que le Grand Nord représente une zone stratégique pour le développement national. Il a souligné que l’investissement dans les routes structurantes est essentiel pour assurer la stabilité, stimuler l’économie régionale et renforcer la cohésion territoriale. Il a également salué la solidité du partenariat entre Haïti et l’Union européenne, fondé sur la confiance mutuelle et une vision partagée du développement durable. Au-delà de l’impact économique, la modernisation du réseau routier national revêt également une dimension institutionnelle et démocratique. Le Président du CPT a insisté sur le rôle clé de ces infrastructures dans la préparation des prochaines élections, en facilitant le déploiement du matériel électoral, la mobilité des électeurs et la présence effective de l’État sur l’ensemble du territoire. En conclusion, le Chef de l’État a appelé à l’unité, à la mobilisation et à la responsabilité collective afin d’assurer la réussite de ces travaux. Pour lui, investir dans les infrastructures, c’est investir dans la dignité, l’espoir et l’avenir des communautés haïtiennes, tout en posant les bases d’un développement plus équilibré et durable.

Haïti renforce la gouvernance universitaire avec l’installation du Conseil de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique

Le Conseil Présidentiel de Transition (CPT) a procédé, le mercredi 14 janvier 2026, à l’installation officielle des membres du Conseil de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, marquant une étape importante dans la restructuration du système universitaire haïtien. La cérémonie s’est déroulée à la Villa d’Accueil, en présence du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, de plusieurs membres du Gouvernement, ainsi que de représentants du corps diplomatique et consulaire. Dans un contexte national marqué par de profondes crises institutionnelles, sécuritaires et sociales, cet acte revêt une forte portée symbolique. Il traduit la volonté des autorités de transition de repositionner l’éducation supérieure et la recherche scientifique comme des piliers essentiels du développement national et de la reconstruction de l’État. Prenant la parole, le président du CPT, Laurent Saint-Cyr, a souligné que la mise en place de cette instance s’inscrit dans une dynamique de réforme et de modernisation du secteur. Il a rappelé que l’Agence nationale de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique (ANESRS) incarne un engagement clair de l’État en faveur d’une formation de qualité, reconnue tant au niveau national qu’international. L’objectif affiché est de garantir aux jeunes Haïtiens des diplômes crédibles, porteurs d’opportunités réelles d’insertion professionnelle et de mobilité académique. Le chef de l’État de transition a insisté sur un enjeu central : la reconnaissance et le rayonnement des diplômes haïtiens, longtemps fragilisés par l’absence de régulation efficace, la prolifération d’institutions non conformes et le manque de standards académiques harmonisés. Pour les autorités, renforcer la crédibilité du système universitaire est une condition indispensable pour permettre à la jeunesse haïtienne d’accéder à l’excellence et de s’intégrer dans l’espace scientifique international. Le coordonnateur du CPT a, pour sa part, rappelé que ce choix stratégique traduit une vision de développement fondée sur l’intelligence, la science et l’innovation. Il a appelé les membres du Conseil nouvellement installés à assumer pleinement leur rôle de garants de la qualité académique, dans un pays où l’investissement dans le savoir demeure l’un des leviers les plus sûrs de progrès économique et social. Le Conseil est désormais composé de personnalités reconnues du monde universitaire et scientifique, dont le Dr Hérold Toussaint (président), le Dr Jean Fénol Métellus (vice-président) et le Dr Jacques Abraham, Haut-Commissaire à l’Enseignement supérieur et à la Recherche scientifique. Leur mission s’annonce déterminante à un moment où Haïti cherche à reconstruire ses institutions sur des bases plus solides, durables et crédibles.

Transition politique en Haïti : la Concertation nationale appelle à un dialogue urgent pour éviter l’impasse institutionnelle

La Concertation nationale a rendu public, le 7 janvier 2026, un communiqué de presse lourd de sens dans le contexte politique particulièrement fragile que traverse Haïti. Prenant acte de la fin du quatrième mandat de la présidence tournante du Conseil Présidentiel de Transition (CPT), exercée par Laurent Saint-Cyr, l’organisation tire la sonnette d’alarme sur les risques imminents de rupture institutionnelle à l’approche de l’échéance clé du 7 février 2026. Ce communiqué s’inscrit dans un climat national marqué par une insécurité persistante, une détérioration continue des conditions socioéconomiques et l’absence des garanties minimales nécessaires à l’organisation d’élections libres, inclusives et crédibles. Autant de facteurs qui fragilisent la transition en cours et nourrissent les inquiétudes d’une large frange de la population, déjà éprouvée par des années de crises politiques répétées. La Concertation nationale rappelle que l’Accord politique du 3 avril 2024, qui encadre le fonctionnement du CPT, excluait explicitement toute prolongation de mandat au-delà du 7 février 2026. Dès lors, toute ambiguïté ou improvisation autour de cette date pourrait plonger le pays dans une nouvelle zone d’incertitude institutionnelle, avec des conséquences potentiellement graves pour la stabilité de l’État. Face à cette situation, l’organisation plaide pour l’ouverture urgente d’un dialogue national franc, inclusif et responsable. L’objectif affiché est clair : garantir la continuité de l’État, éviter une rupture institutionnelle et répondre aux attentes profondes de la population haïtienne. Dans cette perspective, la Concertation nationale propose de repenser l’architecture de la transition autour d’un modèle bicéphale, articulé entre une direction politique chargée de la concertation et de l’orientation stratégique, et un pouvoir exécutif pleinement opérationnel. Selon le communiqué, le pôle exécutif pourrait être confié à une entité consensuelle assurant la présidence, appuyée par un Premier ministre issu de la société civile. Ce dernier devrait maîtriser les rouages de l’administration publique, faire preuve de neutralité, de compétence et d’un engagement sans faille envers l’intérêt général. Une telle configuration viserait à renforcer l’efficacité de l’action publique, clarifier les responsabilités et restaurer la confiance nationale. En appelant l’ensemble des forces vives du pays à privilégier le dialogue, la retenue et l’intérêt supérieur de la Nation, la Concertation nationale se positionne comme un acteur plaidant pour une sortie de crise fondée sur le consensus, la responsabilité collective et l’innovation institutionnelle. Dans un contexte où chaque décision compte, ce communiqué résonne comme un avertissement, mais aussi comme une invitation à repenser la transition pour éviter qu’Haïti ne s’enlise une fois de plus dans une crise politique sans issue.

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